mercredi 8 juin 2011

Histoire du château de Versailles - en construction

Chronologie de Versailles

1573
Albert de Gondi (baron de Marly), comte de Retz, un des Florentins qui accompagnent Catherine de Médicis en France, devient propriétaire du château et de la seigneurie de Versailles en rachetant le domaine pour 35 000 livres.

1589
Un mois avant qu’il ne devienne roi de France, Henri, roi de Navarre séjourne à Versailles. Revenant de Blois, il s’y arrête du 7 au 9 juillet et est reçu par Albert de Gondi ; il y retourne en 1604 et 1609. Entre temps, en 1607, le dauphin, qui deviendra Louis XIII, fait sa première chasse à Versailles.

1607
Le dauphin, futur Louis XIII effectue sa première chasse à Versailles

1616
En 1616, Albert de Gondi cède la seigneurie à son fils Jean-François de Gondi.

1623
Louis XIII, le père de Louis XIV, construisit au milieu des forêts et au sommet d’une butte cernée par des marais insalubres, un modeste logis en brique, pierre et ardoise. S’il constituait son rendez-vous de chasse favori, il ne formait pourtant qu’une construction rustique et purement utilitaire. La disposition de ses pavillons, et des fossés qui l’entouraient, rappelait encore certaines constructions féodales.

Le premier "château" de Versailles s’élevait au fond de l’actuelle cour de marbre. Le corps de logis principal mesurait 24 mètres de long sur six de profondeur et se limitait de chaque côté à deux ailes basses. L’appartement du roi comprenait une petite galerie où était accroché un tableau représentant le siège de La Rochelle. Puis, venaient quatre pièces dont les murs étaient couverts de tapisseries. La chambre du roi occupait le centre de l’édifice, emplacement qui correspondra par la suite avec celui du lit de Louis XIV.

1630
Le 11 novembre 1630, le cardinal de Richelieu se rendit secrètement à Versailles dans le but de convaincre le roi qu’un complot était fomenté par la reine-mère. Cet événement sera connu, plus tard, sous le nom de Journée des Dupes. Richelieu resta Premier ministre et la reine-Mère fut exilée.

1632
Le 8 avril 1632, Louis XIII rachetait le domaine de Versailles à Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, oncle du cardinal de Retz et héritier d’Albert. D’après une tradition, au sommet du plateau de Versailles, à la place même du château actuel, se dressait un moulin à vent.Dans le même temps, le roi acheta de nouveaux terrains et étendit ses terres de chasses. Le pavillon bâti à la hâte sur les terres de Jean de Soisy, devenait étriqué.
Le 26 mai débutèrent des travaux d’agrandissement qui furent dirigés par l’ingénieur-architecte Philibert Le Roy.

1632/1634 - Charles Le Brun élève du peintre François Périer.

1634
Fin des travaux : le roi prend possession de sa nouvelle résidence.
Charles Le Brun est remarqué par le chancelier Séguier qui le fait rentrer dans l'atelier de Simon Vouet, le peintre baroque français par excellence. Il y rencontre Pierre Mignard avec lequel il développera une profonde rivalité.

1635
Pierre Mignard à Rome.

1636
À partir de 1636, le roi multiplia ses séjours et profita du confort de sa nouvelle maison ainsi que de l’agrément de ses jardins. Le nouveau château reçut sa première décoration florale ; les jardins furent agencés "à la française" par Boyceau et Menours, décorés d’arabesques et d’entrelacs.

1638
5 septembre - Naissance de Louis XIV : Louis Dieudonné (qui porte bien son nom) naît à Saint-Germain-en-Laye.

1640
21 septembre - Naissance de Philippe, frère de Louis XIV (1640-1701) devenu le duc d’Orléans.
Pierre Mignard, La Vierge aux raisins, 1640, musée du Louvre.

Publication posthume de l'Augustinus, de l'évêque d'Ypres Cornelius Jansen dit Jansénius, acte fondateur du jansénisme.
Le jansénisme est un mouvement religieux qui a agité l'Église catholique en France, aux XVIIe et XVIIIe siècles. Il est né dans les cercles intellectuels de l'Université de Louvain (Belgique) à la fin du XVIe siècle, en réaction à l'optimisme des Jésuites.
Les jansénistes s’opposèrent aux thèses des jésuites comme Luis Molina (1536-1600) qui s’opposait frontalement au pessimisme augustinien. Molina fit paraître à Lisbonne en 1588 le De concordia liberi arbitrii cum divinae gratiae donis. Il y défend l’idée de grâce efficace, c’est-à-dire laissant agir le libre-arbitre, de préférence à celle de grâce suffisante. Il s’oppose à la doctrine augustinienne de prédestination gratuite, il privilégie la prédestination en prévision des mérites, ce qui semblait limiter la volonté divine dans l'octroi de la grâce. Saint-Augustin au contraire avait particulièrement insisté sur la toute puissance de la grâce et sur la misère et la déchéance de l’homme. . Luther et Calvin s'en étaient eux-mêmes réclamés, et le concile de Trente, en 1547, devant ces questions délicates, s'était gardé de trancher. Les papes tentèrent d'imposer le silence sur les thèses augustiniennes mais sans succès.

Face au triomphe des thèses jésuites, l’augustinisme va se trouver deux champions à l’université de Louvain, tous deux étudiants, le flamand, Cornelius (ou Corneille) Jansen (ou Jansénius) [1585-1638], et le bayonnais, Jean Du Vergier de Hauranne (1581-1643), futur abbé de Saint-Cyran. Jansénius laissera derrière lui un traité posthume, l’Augustinus (1640). Il y défend l’idée d’un salut de chacun dépendant de la grâce, c’est-à-dire du bon vouloir de Dieu. C’est une interprétation très stricte et pessimiste de la doctrine de Saint-Augustin. Il diffuse ses idées à son ami, Jean Du Vergier de Hauranne, devenu abbé de Saint-Cyran en 1620. L’abbé de Saint-Cyran va être le premier à faire connaître les idées de Jansénius en France.


1641
L’Augustinus de l’évêque d’Ypres Jansénius, est condamné par l’Inquisition.

1642
Richelieu appuie la condamnation de l'Augustinus par les Jésuites.
Cette querelle de théologien a rapidement des implications politiques. Saint-Cyran est aussi un proche de Bérulle, un des grands noms de la Contre-Réforme. Pierre de Bérulle (1575-1626) créateur de la Société de l'oratoire de Jésus (1611), un ordre séculier qui rivalise avec les Jésuites dans l’enseignement, était un membre influent du parti dévot et il devint le chef du Conseil de la reine Marie de Médicis. Richelieu l’écarta du pouvoir car Bérulle était ouvertement pro-habsbourg. Après sa mort, c’est Saint-Cyran qui fait figure de chef du parti dévot. C’est donc d’abord pour des raisons politiques que la monarchie française s’en prend aux disciples de Jansénius car elle les soupçonne d’agir pour le compte de l’Espagne. En 1635, l’année de l’entrée en guerre de la France dans la guerre de Trente Ans contre l’Empire et l’Espagne, Jansénius fit paraître un violent pamphlet contre la politique de Richelieu, le Mars Gallicus. Richelieu qui voit dans les Jansénistes des partisans de l’Espagne, fait arrêter Saint-Cyran en 1638 puis condamner l’Augustinus après sa publication.

Charles Le Brun, grâce au soutien financier du chancelier Séguier, part en Italie en compagnie de son ami, Nicolas Poussin.
En Italie, Le Brun copie les antiques de Rome pour le chancelier Séguier, des tableaux du Guide, de Raphaël et la galerie Farnèse des Carrache. Il peint également plusieurs tableaux dont Mucius Scaevola devant Porsenna, Horatius Coclès au pont Sublicius et une Allégorie du Tibre.
4 décembre: mort de Richelieu. Mazarin, cardinal depuis 1641 grâce à Richelieu, dont il était devenu le principal conseiller après la mort du Père Joseph, dirige le Conseil du Roi.

1643
15 janvier : Bulle In Eminente. Le pape Urbain VIII interdit tout débat sur la grâce. Proscription de l'Augustinus par le pape.

Philippe de Champaigne, La Vierge Marie donnant la couronne et le sceptre à Louis XIV.

14 mai - Mort de Louis XIII. Louis XIV devient roi.
Versailles cesse alors d'être une résidence royale pendant presque dix-huit ans.
18 mai : Régence d’Anne d'Autriche, qui fait appel au cardinal Mazarin, parrain du jeune roi Louis XIV, âgé de cinq ans, pour l'éduquer et administrer la France durant sa minorité (fin en 1661). Le chancelier Séguier s’occupe des affaires intérieures. Condé et Turenne sont à la tête des armées (La France est engagée depuis 1635 dans la guerre de Trente Ans).

18-26 mai: le duc d'Enghien, le futur Grand Condé, remporte la bataille de Rocroi.
27 mai: Mazarin triomphe facilement de la Cabale des Importants (emmenés par François de Bourbon-Vendôme, duc de Beaufort et la duchesse de Chevreuse).

30 juin: création, devant notaire de l'Illustre Théâtre, par Jean-Baptiste Poquelin dit "Molière", 21 ans, en association avec Joseph et Madeleine Béjart. La nouvelle troupe s’installe au jeu de paume des Métayers sur la rive gauche au faubourg Saint-Germain (actuellement 10-12 rue Mazarine) et joue des tragédies.

30 septembre : Anne d'Autriche quitte le Louvre pour s'installer au Palais Cardinal qui devient Palais-Royal.

1645
Molière emprisonné pour dettes au Châtelet. Faillite de l'Illustre Théâtre. Libéré, il quitte Paris avec la troupe de l'Illustre Théâtre et démarre une longue carrière de troupe itinérante en province (1645-1658).

1646
- 15 mars : Mazarin, parrain du roi, est nommé surintendant de son éducation et de celle de son frère, le duc d'Anjou.

- 1er avril : Le jour de Pâques, Gondi se dispute avec Gaston d'Orléans, oncle de Louis XIV, au sujet d'une affaire de préséance à Notre-Dame.

- 11 octobre : Condé prend Dunkerque aux Espagnols au terme d'un siège de 17 jours.

Retour de Charles Le Brun à Paris. Il obtient plusieurs commandes importantes grâce à l'appui de Séguier. Dès l'année suivante, il est nommé : "Peintre et Valet de chambre du Roy".

1647
23-24 septembre : visites de Descartes à Pascal.

1648
Mai : retour des religieuses de Port-Royal à Port-Royal des Champs.
Saint-Cyran, à partir de 1634, commença à fréquenter le monastère de Port-Royal, que dirigeait la Mère Angélique Arnaud (1591-1661), sœur d’un de ses amis, Robert Arnaud d’Andilly (1589-1674). Ce monastère réformée par les soins de Sœur Angélique, s’enthousiasma pour la doctrine spirituelle de Saint-Cyran, devenu leur directeur spirituel. Elles ont quitté Port-Royal des Champs pour s’installer à Paris en 1625 (pour fuir le paludisme qui sévissait dans la région marécageuse de la vallée de Chevreuse. Les religieuses n’étant plus présentes sur le site de Port-Royal des Champs, celui-ci devient un lieu d’attraction pour des hommes souhaitant se retirer temporairement du monde. Les frères Lemaistre dont Isaac Lemaistre de Sacy, inspirés par l'abbé de Saint-Cyran, abandonnèrent leurs activités pour s'installer près du couvent, puis à Port-Royal des Champs (1637). Ce furent les premiers « solitaires ». Des Petites Écoles furent établies peu après (1638).

Richelieu fit alors enfermer Saint-Cyran dans le donjon de Vincennes (14 mai 1638) et celui-ci n’en sortit qu’après la mort du cardinal (décembre 1642), ne lui survivant guère longtemps puisqu’il décéda le 11 octobre 1643. Jansénius, devenu évêque d’Ypres en 1636, était mort en 1638. Mais il laissait derrière lui l’Augustinus (1640) qui allait rouvrir la question de la grâce. Sous l'influence d'Antoine Arnauld, le « Grand Arnauld » (1612-1694), docteur en Sorbonne et frère de la Mère Angélique, des jansénistes vinrent grossir les effectifs des « solitaires », ou « messieurs de Port-Royal ». En 1648, l'abbaye parisienne revint s'établir en grande partie aux Champs, grâce à des travaux d'assainissement, tandis que les solitaires s'installaient dans la ferme voisine des Granges.


30 juin - Début de la Fronde parlementaire à l'issue d'une guérilla entre Parlement de Paris et monarchie à propos de l'enregistrement d'édits fiscaux. Le 29 avril, des magistrats de la Cour des aides, de la Chambre des comptes et du Grand conseil ainsi que des parlementaires emmenés par Pierre Broussel, se réunissent dans la Chambre Saint-Louis du Parlement de Paris. Le 13 mai, le Parlement de Paris publie un arrêt d'Union autorisant les délibérations communes des quatre cours souveraines dans la Chambre Saint-Louis. La monarchie condamne l'arrêt d'Union. Le 30 juin, la Déclaration des 27 articles édigée par la Chambre Saint-Louis met le feu aux poudres. Ce texte constitue un n véritable plan de réforme de l'État. Les parlementaires réclament la révocation des intendants, la diminution de la taille et le retour à l'ancienne perception par les élus et leurs receveurs, le consentement des parlements à la levée de nouveaux impôts, la révocation des traités et fermes d'impôts et l'interdiction d'emprisonner un sujet du roi plus d'un jour sans voir le juge. La Déclaration des 27 articles représente une limitation très sévère du pouvoir de la monarchie.
- juillet: Mazarin et Anne d'Autriche semblent prêt à céder face aux parlementaires.
- 20 août - Bataille de Lens remportée par le prince de Condé sur une forte armée espagnole.
-b26 août : Mazarin profite de l'euphorie de la victoire de Lens pour faire arrêter le conseiller Pierre Broussel et quelques autres meneurs parlementaires. Des barricades s'élèvent dans Paris, ce qui contraint Mazarin à faire marche arrière.

- 28 août : Libération de Pierre Broussel qui met fin aux émeutes parisiennes.

- 13 septembre: La cour doit quitter Paris aux mains des Frondeurs.
- 19 septembre : Expérience de Pascal au sommet du Puy-de-Dôme mettant en évidence la pression atmosphérique.

- 24 octobre: fin de la guerre de Trente Ans avec la signature des traités de Westphalie. La guerre se poursuit entre la France et l'Espagne.
- novembre: La cour rentre à Paris; la régente et Mazarin sont décidés à vaincre la résistance parlementaire.
Fondation de l'Académie Royale de peinture et de sculpture. Charles Le Brun la dirige.
Anne d'Autriche fait reconstruire entièrement par François Mansart l'église-abbaye du Val-de-Grâce.

1649
- 5-6 janvier : Nuit des Rois, la Cour se réfugie à Saint-Germain-en-Laye.
La reine fête les rois, couche Louis XIV et son frère, le duc d'Anjou. Après minuit, elle se couche, puis se relève et fait lever le roi et son frère. Elle emprunte avec eux un escalier dérobé qui conduit au jardin du Palais-Royal. Ils rejoignent Saint-Germain-en-Laye. La reine a ordonné à Gondi (le futur cardinal de Retz) de la suivre à Saint-Germain. Comme il n'y parvient pas, les Frondeurs ayant fermé les portes de la ville, il rejoint le camp de la rébellion.

- 6 janvier : Commandées par Condé, les troupes royales commencent l'investissement de Paris. Début de la Guerre Civile.
- 8 janvier : Le Parlement déclare Mazarin "ennemi du roi et de l'État" et "perturbateur du repos public". Le Parlement recrute une armée et organise la résistance. Il faut remarquer que pendant la Fronde tout le monde invoque le roi. Conti, frère de Condé, dirige l' armée de la Fronde.

- 9 février: À Londres exécution du roi Charles Ier Stuart oncle par alliance de Louis XIV (Charles Ier était l'époux de Henriette-Marie de France, fille d'Henri IV et de Marie de Médicis).

- 11 mars- Paix de Rueil. La volonté d'apaisement l'emporte et le Parlement de Paris enregistre l'accord le 1er avril. Fin de la Fronde parlementaire.
La paix de Rueil est signé à l'avantage des Frondeurs. La Cour a fait semblant de céder, acceptant les textes des Frondeurs (Paix de Rueil puis Paix de Saint-Germain en Laye - 1949). Fin de la Fronde parlementaire.

- 25 juillet : Bordeaux se soulève contre le duc d'Epernon venu signifier son interdiction au Parlement de la ville.

18 août : Entrée triomphale du roi à Paris. La cour regagne le Palais-Royal. Le cortège met plus de quatre heures à arriver au Palais-Royal. La cour est reçue par le prévôt des marchands, les échevins et tous les conseillers de ville, les trente-deux quarteniers et douze notables bourgeois de chaque quartier qui se sont avancés à mi-chemin de Paris à Saint-Denis. Tous jurent obéissance et fidélité au roi à l'arrivée de son cortège. Mais Condé, déçu de ne pas prendre la place de Mazarin se rapproche des Princes qui continuent de comploter. Il multiplie les provocations contre Mazarin. La situation reste très tendue à Paris du fait de la situation financière catastrophique de la monarchie. Les rentes de l'Hôtel de Ville ne pouvant être acquittées, les rentiers maintiennent l'agitation.

Un tableau, parfois attribué à Jean Nocret, montre un portrait équestre du jeune Louis XIV avec le Pont Neuf en arrière-plan. Il s'agit d'une allusion à l'autre entrée d'un souverain dans Paris révoltée, celle d'Henri IV, le 22 mars 1594. Célébrant cet évènement, une Renommée coiffe le jeune souverain d’une couronne de laurier et un putto lui présente un rameau d’olivier, symbole de la concorde retrouvée.

11 décembre: faux attentat contre Condé sur le Pont-Neuf (coup de feu tiré contre son carrosse qui est ... vide). Il s'agit de provoquer un soulèvement du peuple parisien mais les Parisiens ne réagissent pas et le Parlement qui a interdit les manifestations de rentiers, ne prend pas l'affaire au sérieux. Condé menace le Parlement. Les Princes s'agitent dans tous les sens.

1650
18 janvier: Condé, le prince de Conti (son frère) et son beau-frère, le duc de Longueville, sont arrêtés au Palais-Royal sur ordre de la reine et de Mazarin. Ils sont internés à Vincennes. Ce beau coup de filet selon Gaston d'Orléans ( "Le beau coup de filet! On vient de prendre un lion, un singe et un renard.") déclenche la Fronde des Princes. Ceux qui on échappé à la captivité et leurs amis soulèvent une partie de la province. François de la Rochefoucauld (alors prince de Marcillac) et sa maîtresse, Mme de Longueville, soeur de Condé et de Conti, échappent de justesse à l'arrestation soulèvent la Normandie. Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon, vicomte de Turenne, est aussi dans le camp de la Fronde.

1er février: l'armée royale et la Cour quittent Paris et rétablissent l'ordre en Normandie.Fuite de la duchesse de Longueville.
22 février: retour de la Cour à Paris.
5 mars-21 avril: l'armée royale en Bourgogne (dont Condé était le gouverneur). La prise de Seurre (Bellegarde)par les troupes du roi met fin à la campagne.

Mai: combats en Guyenne entre les troupes royales du duc d'Epernon et celle des Frondeurs dirigées par le duc de Bouillon et La Rochefoucauld. La princesse de Condé, Claire-Clémence de Maillé-Brézé (épouse du Grand Condé), et son fils, le duc d'Enghien rejoignent les Frondeurs à Bordeaux.

2 juin: La Rochefoucauld et le duc de Bouillon font leur entrée à Bordeaux. Une partie de la ville se rallie aux Frondeurs alors que le parlement de Bordeaux reste silencieux.

16 juin 1650: Jean-Baptiste Colbert obtient de Mazarin la procuration pour gérer la fortune personnelle du cardinal. Son père, marchand-drapier de Reims, grâce à sa fortune, lui a acheté la charge de commissaire ordinaire des guerres en 1640. Il a 21 ans et se retrouve commis auprès du Secrétaire d'Etat à la guerre, François Sublet de Noyers. Travailleur acharné mais apte à se rendre rapidement indispensable, Colbert à partir de 1645, gravite dans l'entourage de Michel Le Tellier, le nouveau secrétaire d'Etat à la guerre (depuis 1643), un proche de Mazarin. C'est Le Tellier qui le présente à Mazarin, et c'est Mazarin qui le recommandera, en définitive, à Louis XIV.

22 juin: formation du parti de l'Ormée à Bordeaux (un groupe d'opposants bordelais qui se réunissaient dans un lieu planté d'ormes). Ils s'allient à la Fronde des Princes mais s'aliènent une partie de la bourgeoisie et les parlentaires bordelais par leurs pamphlets dont l'esprit est proche de celui des niveleurs anglais. Les Frondeurs de Bordeaux reçoivent l'appui de l'Espagne.

4 juillet: la Cour quitte Paris pour la Guyenne avec une armée royale. En son absence, Gondi manoeuvre pour attirer Gaston d'Orléans dans le camp des Frondeurs.
9 juillet : Les ducs de Bouillon et de La Rochefoucauld soulèvent les Bordelais contre le Parlement de la ville.
24 juillet : offensive de Turenne alliés aux Espagnols sur la frontière du nord.
11 août : début du siège de Bordeaux par les troupes royales.
27 août : l'armée de Turenne prend Rethel mais l'offensive espagnole s'enlise.
29 août: le Parlement de Bordeaux se prononce pour la paix.
29 septembre: le Parlement approuve les propositions de paix de la cour. Elles prévoient une amnistie pour les chefs de la Fronde (la princesse de Condé, les ducs de Bouillon et de La Rochefoucauld) mais La Rochefoucauld ne retrouvera pas son gouvernement du Poitou.
5 octobre: entrée solennelle de Louis XIV et de Mazarin à Bordeaux. La Cour quittera Bordeaux le 15 octobre.
15 novembre:entrée de la Cour à Paris. Poursuite des intrigues princières.
25 novembre : Refus par Mazarin du chapeau de cardinal pour Gondi. Celui-ci n'en poursuit que plus volontiers ses intrigues.
1er décembre: départ de Mazarin pour l'armée de Champagne.
15 décembre: prise de Rethel par les troupes royales du maréchal du Plessis-Praslin. Les Espagnols et Turenne sont défaits.
30 décembre : Le parlement de Paris demande la libération des princes ou leur jugement. Députation à la reine mère, à l'instigation de Gondi, pour demander la libération des princes frondeurs.
31 décembre : Mazarin de retour à Paris.

1651
20 janvier: Les parlementaires adressent des remontrances au roi pour la libération de Condé, de Conti et de Longueville.
28 janvier : Gaston d'Orléans réclame la libération des princes. Refus d'Anne d'Autriche. Cela précipite l'Union des Frondes (parlementaire et princière).
30 janvier: traité secret entre Gaston d'Orléans, les frondeurs et les partisans des princes pour obtenir la libération des princes et le départ de Mazarin.
1er février: Le duc d'Orléans se dispute avec Mazarin qui assimile François de Vendôme et Gondi à Fairfax et Cromwell.
2 février: rupture officielle entre Mazarin et Gaston d'Orléans. Le parlement demande l'exil de Mazarin.

6 février: Pendant la nuit, Mazarin déguisé quitte Paris et se réfugie à Saint-Germain-en-Laye. La reine et Louis XIV qui devaient le rejoindre sont bloqués au Palais-Royal par les Frondeurs. Mazarin part ensuite pour Le Havre, où les Princes sont retenus prisonniers. Commence un exil de onze mois pour le cardinal (6 février - 24 décembre).

Nuit du 9 au 10 février: Mademoiselle de Chevreuse, qui est à la fois la fille de la duchesse et la maîtresse de Gondi, avertit Gaston d'Orléans et Gondi qu'Anne d'Autriche et Louis XIV vont à leur tour abandonner Paris. Au nom du duc d'Orléans, Gondi ordonne aux colonels de la milice bourgeoise de faire garder les portes de Paris, de bloquer le Palais-Royal et les ponts. Ils traitent pratiquement la reine et ses enfants en prisonniers. Le peuple veut voir le jeune Louis XIV encore endormi. Louis XIV (12 ans) est exhibé en train de dormir devant la foule. Le futur roi-Soleil n'oubliera jamais cette humiliation qui motivera en partie son départ pour Versailles en 1682.

10 février : Anne d'Autriche, sous la pression des Frondeurs, accorde la liberté aux princes. Mazarin se dépêche de les faire libérer au Havre. Il prend alors le chemin de l'exil. Il arrive à Brühl, à une lieue de Cologne. Il est l'hôte de de l'électeur.

16 février: Jeudi gras. Retour triomphal des princes à Paris. Gaston d'Orléans et Gondi les reçoivent à Paris. Condé prend la tête de la Fronde.

17 février: le Parlement amnistie les princes.
Une déclaration royale soutirée au roi confirme l'innocence des princes de Condé et de Conti, et du duc de Longueville; ils sont rétablis dans tous leurs biens, gouvernements et charges. Nouvelle humiliation pour Louis XIV.

1er mars : A la demande de l'assemblée des nobles et de l'assemblée du clergé, réunies à Pari, la régente accorde la convocation des États généraux pour le 8 septembre, avec l'intention secrète de la faire annuler par le roi, qui devait atteindre sa majorité le 5 septembre. En fait, la réunion des États n'aura pas lieu (... avant 1789!).

6 mars : Turenne se réconcilie avec la cour. Le roi lui pardonne. Pendant ce temps, les frondeurs se divisent. Le Parlement s'oppose à la tenue des états généraux qui limiteraient son pouvoir.

3 avril: le Parlement obtient de la reine une déclaration royale excluant les cardinaux des conseils du roi ce qui vise aussi bien Mazarin que Gondi dont l'objectif est d'obtenir le chapeau. Durant le printemps et l'été, Anne d'Autriche manoeuvre admrablement pour attiser les divisions entre Frondeurs et isoler progressivement Condé. Il lui faut temporiser en attendant la majorité du roi le 7 septembre.

6 septembre: Condé qui craint une nouvelle fois d'être arrêtée, quitte secrètement Paris et se rend en Guyenne.

7 septembre: la majorité du roi est proclamée.

22 septembre: Condé à Bordeaux rallie la Guyenne à la Fronde.

27 septembre: la reine-mère quitte Paris avec la Cour pour Fontainebleau. La cour se rend ensuite à Bourges. Paris reste un noeud d'intrigues aux mains du Parlement, de Gaston d'Orléans et de Gondi.

8 octobre: Le roi entre dans Bourges. La ville se rend sur une simple sommation. Conti doit fuir. Déclaration du Roi contre les princes de Condé, de Conti, la duchesse de Longueville, les ducs de Nemours et de La Rochefoucauld.

6 novembre: Condé s'allie avec l'Espagne.

15-27 novembre: déroute des troupes de Condé. L'armée royale s'empare de Cognac et de La Rochelle.

4 décembre: enregistrement par le Parlement de Paris de la Déclaration royale contre les princes.

6 décembre: les partisans des princes déclenchent une émeute contre le Parlement de Paris et son premier président, Mathieu Molé.

12 décembre: Louis XIV donne l'ordre à Mazarin de le rejoindre.

Louis XIV vient pour la première fois à Versailles.
Au début de son règne, Louis XIV ne trouva aucune maison royale qui le satisfasse pleinement. Il habita Paris : le Palais-Royal, le Louvre, les Tuileries, il essaya de se fixer à Vincennes et à Saint-Germain-en-Laye et séjourna à Fontainebleau.
Le roi compara les avantages et les inconvénients de ses châteaux, et pour pallier leurs incommodités, y entreprit d’importants travaux, mais dans aucun ne se sentit à l’aise.
En 1651, le Roi effectua sa première visite à Versailles. C’est alors que se produisit le coup de foudre. Le château de Versailles est né d’une méfiance de la part du jeune Louis XIV envers la capitale et sa population jugée comme difficilement contrôlable depuis l’épisode de la Fronde.

1652
9 janvier: Mazarin rentre en France avec une forte armée.
24 janvier: Gaston d'Orléans s'allie à Condé.
25 janvier: tout en déplorant le retour de Mazarin, le Parlement de Paris refuse de s'allier aux princes et à Gaston d'Orléans.
28 janvier: Mazarin rejoint la cour à Poitiers, accueilli triomphalement par Anne d'Autriche puis par le roi.
30 janvier: Louis XIV confie le commandement de l'armée royale à Turenne.
10 février: Gondi est élevé par Innocent X, au rang de cardinal de Retz.
28 février: la Cour décide de marcher sur Paris.
5 mars: le duc de Nemours, aux ordres de Condé, arrive à Paris avec des troupes recrutées aux Pays-Bas espagnols.
12 mars: la Cour est à Amboise et le 14 mars, à Blois.
13 mars : Poursuivi par l'armée royale du comte d'Harcourt qui ne lui laisse aucun répit, Condé passe la Garonne pour remonter vers la Loire.
27 mars : La Grande Mademoiselle, duchesse de Montpensier, fille de Gaston d'Orléans, remporte un des rares succès des Frondeurs en s'emparant d'Orléans, au nez et à la barbe des troupes du roi, cantonnées à Blois.
1er avril: pendant que la Cour est à Gien, l'armée des princes (Duc de Nemours et François de Vendôme, duc de Beaufort), rejoignent l'armée de Condé à Lorris-en-Gâtinais. Condé en prend le commandement.
2-5 avril : Sur le Pont Neuf, manifestation en faveur des princes. Ces manifestations populaires contre Mazarin sont orchestrées par le parti des princes. Divers désordres sont réprimés par le Parlement et la milice bourgeoise.
4 avril: Mariage de Paul Scarron avec Françoise d'Aubigné, future Madame de Maintenon. Le même jour, les troupes royales passent la Loire à Gien. Louis XIV est présent.
6 avril: le choc entre Frondeurs et l'armée royale à lieu à Bléneau. Condé surprend l'armée royale et lui inflige de lourdes pertes mais Turennne bien retranché ne cède pas et sauve son armée. Condé se replie sur Paris.

11 avril : Condé à Paris, où Mazarin reste détesté.
12 avril: Condé est mal reçu par le Parlement. Le procureur général, Nicolas Fouquet attaque Condé et le manifeste des princes en séance plénière du Parlement de Paris.
28 avril: La cour est à Saint-Germain. A Paris, les princes fomentent l'agitation contre le Parlement et l'Hôtel de ville qui souhaitent la paix. Escarmouches entre les troupes de Turenne et celles des princes autour de Paris en mai.
1er juin:les troupes du duc de Lorraine entrent à Paris appuyer les troupes frondeuses.
16 juin: Turenne contraint Charles de Lorraine à battre en retraite.

20-25 juin : Dans Paris, violences entre le parti des princes, qui s'appuie sur une fraction du Parlement et sur le petit peuple, et celui de « la paix », soutenu par une autre partie du Parlement et par une certaine bourgeoisie.

2 juillet: Bataille de la porte Saint-Antoine, à l'entrée de Paris, entre Turenne et Condé, qui avait ramené son armée sous Paris. En faisant tirer les canons de la Bastille et ouvrir la porte, Mademoiselle de Montpensier sauve l'armée de Condé.

4 juillet : les émeutiers appuyés par les soldats de Condé s'en prennent aux bourgeois de l'Hôtel de ville, favorables à la paix (Journée des Pailles: l'Hôtel de Ville est incendié). Dictature de Condé.

20 juillet : Condé fait décerner par une partie du Parlement la lieutenance générale du royaume à Monsieur

30 juillet : Duel au pistolet derrière l'hôtel de Vendôme : le duc de Nemours est tué par son beau-frère, le duc de Beaufort. C'est la fin de l'unité de la Fronde des princes.
31 juillet : Louis XIV signe une déclaration ordonnant le transfert à Pontoise du Parlement de Paris.
6 août : Louis XIV convoque à Pontoise les membres du Parlement qui entendent lui demeurer fidèles. Ils s'y rendent un par un. Leur première séance a lieu le 7 août.

10 août: Mort, à deux ans, du duc de Valois, seul fils de Gaston d'Orléans, ce qui aura des incidences dynastiques à long terme. Il était très contrefait et anormal mentalement. Il ne parlait ni ne marchait à deux ans.

22-26 août: négociations entre la Cour et les princes.
26 août : Louis XIV accorde une amnistie à ses sujets rebelles, sauf aux responsables des émotions populaires du 25 juin et du 4 juillet : « Édit du Roi portant une amnistie à l'occasion de tout ce qui s'est passé à l'occasion des présents mouvements, à la charge de se remettre dans les trois jours dans l'obéissance du Roi. » Le parlement de Pontoise enregistre le texte le lendemain, mais les princes le repoussent, car sont exceptés les responsables des troubles des 25 juin et 4 juillet. De ce fait, les princes la refusent.
5 septembre : Le duc de Lorraine revient avec ses troupes. Turenne empêche l'armée de Charles IV de faire sa jonction avec Condé. Le siège de Paris se poursuit.
10-13 septembre. Alors que les incidents opposant les troupes de Condé aux Parisiens se multiplient, le cardinal de Retz est à la cour de Compiègne. À la tête d'une délégation du clergé, il demande le rétablissement de la paix. Mais c'est un échec et il est hué à son retour à Paris.

13 octobre: départ de Condé et de ses troupes pour les Pays-Bas espagnols.

21 octobre: Louis XIV et Anne d'Autriche font leur entrée solennelle à Paris, escorté d'une véritable armée. Le roi s'installe au Louvre. Gaston d'Orléans doit quitter Paris. Il gagne Blois où il finira sa vie. Un lit de justice tenu au Louvre proclame l'amnistie sauf pour les chefs de la Fronde.
26 octobre : Le roi décide de rappeler le cardinal Mazarin.
12 novembre: Une déclaration royale déchoit le prince de Condé de ses dignités et gouvernements. Condé poursuit la guerre.
19 décembre : arrestation du cardinal de Retz au Louvre sur ordre du roi (Mazarin est derrière la répression mais il ne veut pas encore apparaître au premier rang). Retz est transféré au donjon de Vincennes.

1653

3 février: Mazarin à la tête d'une forte armée fait son entrée triomphale dans Paris. Il est accueilli par le roi.
7 février: Nicolas Fouquet est nommé surintendant des finances.
23 février : Louis XIV, alors âgé de quinze ans, apparaît pour la première fois en Apollon. dans le Ballet de la Nuit. Il est précédé de l’Aurore et entouré des douze Heures du jour.
31 mai : Par la bulle Cum occasione, Innocent X condamne les cinq propositions de l'Augustinus attribuées à Jansenius.
31 juillet-3 août: paix et soumission de Bordeaux. Amnistie des princes (princesse de Condé, duchesse de Longueville, Conti).
26 novembre: prise de Sainte-Menehould par Turenne. Reddition des derniers frondeurs. Fin de la Fronde.

1653-1656 Conti protège la troupe de Molière avant de gagner le parti dévot.

1654
22 février: Mariage du prince de Conti avec Anne Marie Martinozzi, fille d'une soeur du cardinal Mazarin. Ce mariage scelle la réconciliation entre Conti et Mazarin.

21 mars: mort de l'oncle du cardinal de Retz, Jean-François de Gondi, archevêque de Paris. Retz, enfermé à Vincennes, parvient à se faire reconnaître par le chapitre comme son successeur.

28 mars: En présence du roi et des pairs de France, les chambres du Parlement assemblées condamnent le prince de Condé, qui est déchu du nom de Bourbon, à la peine capitale pour haute trahison.

30 mars: Retz après avoir été contraint de signer sa démission de l'archevêché de Paris, est transféré à Nantes. Innocent X refuse de reconnaître la démission de Retz.
7 juin - Sacre de Louis XIV, à Reims.
L’âge du sacre : en général, le roi est sacré l’année de son avènement ou à la majorité pendant la régence. Le sacre eu lieu à 9 ans pour Louis XIII (dès 1610), année de la mort d’Henri IV, et à 12 ans pour Louis XV, quelques mois avant la fin de la régence. Louis XIV, roi depuis 1643 aurait dû être sacré à sa majorité en 1651 mais la prise d’arme de Condé pendant la Fronde ne lui permit pas de se rendre à Reims. Il fallut attendre 1654. Il avait alors 16 ans.

8 août : évasion rocambolesque du cardinal de Retz du château de Nantes où il était en résidence surveillée. Le chapitre de Notre-Dame fera effrontément chanter un te-deum.

25 août: succès des troupes de Louis XIV au siège d'Arras. Les Espagnols appuyés par Condé sont défaits par Turenne.

12 septembre: Retz arrive en Espagne.

28 novembre: Retz arrive à Rome. Le pape Innocent X (portraituré par Vélasquez) le prend sous sa protection.

1655
7 janvier: mort du pape Innocent X. Son successeur est Alexandre VII, soutenu par les adversaires du candidat de Mazarin. Retz a soutenu la candidature d'Alexandre VII. De Rome, il continue d'intervenir dans l'administration de l'archevêché de Paris, ce qui exaspère Louis XIV.

25 mars, Christiaan Huygens découvre Titan, un satellite naturel de Saturne. Il découvre que Saturne est entourée d’un anneau.

13 avril : séance de la flagellation. Louis XIV interdit au Parlement de délibérer "d'édits enregistrés en sa présence". Le roi a 16 ans impose l'obéissance aux Parlementaires.

Août: l'ambassadeur de France à Rome, Hugues de Lionne, obtient qu'Alexandre VII renonce à soutenir Retz. Celui-ci doit renoncer à l'archevêché de Paris.

14 décembre : Le futur marquis de Louvois obtient, en survivance, la charge de secrétaire d'État de son père, Michel le Tellier. Secrétaire d'Etat à la guerre depuis 1643. François Michel Le Tellier n'a pas 15 ans quand il reçoit la transmission de cette charge. Il n'en fut le plein détenteur qu'en 1677, mais dès le 24 février 1662 (soit à 21 ans) il est autorisé à exercer la charge en l'absence de son père et assiste celui-ci dans l'administration de la Guerre.

1656
3 janvier - Mort de Mathieu Molé, chancelier de France.

11 janvier : Pierre Séguier, conseiller au Parlement de Paris, reprend les Sceaux à Molé et les garde jusqu'à sa mort, le 28 janvier 1672.

Vers 1657-1661, Le chancelier Séguier peint par Charles le Brun.
Le chancelier Séguier, garde des sceaux puis chancelier de Louis XIII, fut jusqu'à sa mort, en 1672, le deuxième personnage de l'Etat et le protecteur de Le Brun. Charles le Brun s'est représenté sous les traits de l'écuyer qui tient le parasol.

Retour de Pierre Mignard en France.

14 janvier - La Sorbonne condamne les thèses du Grand Arnauld.
La condamnation par Rome de cinq propositions de l’Augustinus sous le pontificat d’Innocent X par la bulle Cum occasione (1653) entraîna d’importantes réactions. Le Grand Arnauld » allait soutenir la controverse en dénonçant le fait que les cinq propositions, pour condamnables qu’elles soient, n’étaient pas dans l’Augustinus et en attaquant violemment les thèses de Molina sur la grâce suffisante. C’était reposer tout le problème de la grâce et du libre arbitre.

23 janvier : Parution de la première des Lettres écrites à un provincial à un de ses amis, sur le sujet des disputes présentes de la Sorbonne de Pascal (fin le 24 mars 1657).
Le Grand Arnauld reçut le soutien d’un polémiste de talent, Blaise Pascal, frère de Jacqueline, religieuse entrée au monastère de Port-Royal des Champs. Pascal répondit aux thèses jésuites dans ses Lettres Provinciales (1656-1657) qui allaient transformer une simple querelle de théologiens en affaires dont on allait débattre avec passion dans les salons parisiens. Malgré une nouvelle condamnation pontificale ( (bulle Ad sacram en 1656 d'Alexandre VII), Port-Royal et le jansénisme continuaient d’animer le débat religieux et politique en France.

24 mars : Miracle de la sainte épine à Port-Royal. Guérison de Marguerite Périer, nièce de Pascal, après avoir touché le reliquaire de la Sainte-Épine.

27 avril : Une déclaration organise l’institution des hôpitaux généraux, à l’origine du grand « renfermement des pauvres » et des vagabonds.
La Fronde engendra une crise économique et un développement de la pauvreté au début du règne de Louis XIV. Le 27 avril 1656, le pouvoir royal créait l’Hôpital Général qui avait pour objectif mettre au travail les mendiants et de « sauver leurs âmes ». Ainsi à Paris dans les établissements de la Salpêtrière, la Pitié, Bicêtre, il s'agissait d'accueillir selon les termes mêmes de l'Édit de 1656 les pauvres « de tous sexes, lieux et âges, de quelques qualité et naissance, et en quelque état qu'ils puissent être, valides ou invalides, malades ou convalescents, curables ou incurables » L'Hôpital Général fut également assez rapidement considéré comme une maison de correction, et bientôt une maison de force, c'est-à-dire une prison.

16 juillet: Turenne est vaincu par Condé à Valenciennes. A Paris, le Parlement relève la tête.

31 juillet: Retz quitte Rome et mène une vie errante.

Novembre-décembre: Premier séjour de Pascal à Port-Royal-des-Champs.


1657


1658 - Charles Le Brun travaille pour Nicolas Fouquet dans son château de Vaux-le-Vicomte.
Pierre Mignard, Portrait de Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière (né à Paris, baptisé le 15 janvier 1622 et mort à Paris le 17 février 1673).
Monsieur accueille au théâtre du Petit-Bourbon, à Paris, la troupe de Molière (37 ans). Fin de l'itinérance pour Molière.

1659 -Simon Renard de Saint-André, portrait d’Anne d’Autriche et de Marie Thérèse sous l’emblème de la Paix et de la Concorde :
La reine mère à gauche entourée d’un bouclier et d’un casque empanaché, est vêtue de rouge, la couleur martiale par excellence. Après tout, bien qu’elle fut espagnole, n’avait-elle pas poursuivi sans relâche la guerre contre l’Espagne et son frère Philippe IV, jusqu’au traité des Pyrénées (1659). L’un des articles du traité stipulait le mariage du dauphin Louis XIV avec l’infante Marie-Thérèse. Les deux souveraines se donnent la main. Elles sont doublement apparentées puisque Anne d’Autriche était à la fois tante et belle-mère de Marie Thérèse. Cette union matrimoniale symbolisait la paix retrouvée entre les deux royaumes, suggérée ici par le rameau d’olivier que tient la nouvelle reine de France, vêtue d’un manteau fleurdelisé et d’un corsage blanc pour marquer sa pureté. Devant elle, le peintre a représenté une nature morte de fruits, où les raisins marquent l’abondance, tandis que les grenades évoquent la cohésion retrouvée de tous les sujets du royaume. La solidité de la paix est incarnée par les colonnes.

1660 - Charles Le Brun crée des décors pour Nicolas Fouquet, surintendant des Finances du roi.
Pierre Mignard peint le portrait d'Anne d'Autriche.
Louis XIV assiste pour la première fois à une pièce de Molière, Les Précieuses Ridicules (écrite en 1659). Molière est désormais directement pensionné par le roi. Il est nommé « tapissier, valet de chambre du roi. » Après la démolition du théâtre du Petit-Bourbon (pour construire la colonnade du Louvre), Molière reçoit du roi de France le nouveau théâtre du Palais Royal.

1661- 9 mars : Mort de Mazarin
A la mort de Mazarin, Louis XIV déclare qu’il « gouverne par lui-même ». Le roi entreprend les premières extensions de Versailles. Il agrandit le domaine, fait aménager le petit château par Louis le Vau, et redessiner les jardins par André le Nôtre (1613-1700). Versailles se transforme en un immense chantier. Selon Saint-Simon, . « Versailles, lieu ingrat » (...) « triste, sans vue, sans bois, sans eaux, sans terre, parce que tout est sable mouvant et marécage, sans air, par conséquent qui n’est pas bon. »

Pierre Mignard, Jules Mazarin, 1661.

1661 - Portrait de Louis XIV par Le Brun.
1661-1662 - Charles le Brun, Louis XIV : le roi porte armure, jabot de dentelle, cordon bleu de l’ordre du Saint-Esprit (fondé en 1578 par Henri III). Sans doute l’un des premiers portraits que Le Brun réalisa du souverain dont le règne personnel commençait à peine. Période essentielle pour le peintre qui affirmait sa prééminence à la tête de l’Académie en cours de réorganisation, devenait directeur de la manufacture des Gobelins, réalisait pour le roi la tente de Darius avant d’être bientôt confirmé officiellement dans ses fonctions de Premier Peintre du roi.

17 août - Fête donnée par Nicolas Fouquet en l'honneur de Louis XIV à Vaux-le-Vicomte. Molière, à la demande de Fouquet, est venu présenter au roi sa nouvelle pièce, une comédie-ballet, Les Fâcheux. La pièce plut à Louis XIV, qui suggéra à Molière d'ajouter un fâcheux en la personne de M. de Soyecourt, Grand Veneur, réputé pour abrutir son entourage avec ses récits de chasse, lui disant : "Voilà un grand original que vous n'avez point encore copié". Molière s'exécuta et le Grand Veneur servit de modèle au personnage de Dorante.
La fête organisée par François Vatel est somptueuse mais elle aboutit au contraire de l'effet recherché: Louis XIV y voit la confirmation de la dangerosité d'un Fouquet qu'il a déjà, depuis 4 mois, décidé d'emprisonner.
5 septembre: arrestation de Nicolas Fouquet. Jugé et condamné, l'"écureuil" meurt en 1680 dans la prison de Pignerol.
* Le blason de la famille, "D'argent à l'écureuil rampant de gueules", lié à la devise des Fouquet ( « Quo non ascendet ? » , « Jusqu'où ne montera-t-il pas ? »). D’où le symbole de la couleuvre (en latin coluber= arme des Colbert) menaçant l’écureuil.

1662
- 23 janvier : mariage de Molière avec Armande Béjart, fille de Madeleine, ancienne compagne de Molière. Ce mariage cause un scandale, les adversaires de Molière répandant le bruit qu'Armande est la fille de Madeleine et ... de Molière.

- 7 février : l’opéra italien de Francesco Cavalli, Ercole amante, initialement composé pour célébrer les noces du roi de France avec l’infante d’Espagne, est joué dans la cour des Tuileries. Au final, le roi apparaît en Soleil précédé de l’Aurore et suivi des Heures. Tous les principaux personnages de la cour jouent un rôle.

- mai: la troupe de Molière est convoqué à Saint-Germain et interprète huit comédies en moins d’une semaine devant le roi. En juin, elle fait un séjour de sept semaines à la cour et joue treize fois devant le roi. C’est la consécration. De mai à septembre, le roi assiste à vingt-quatre représentations de Molière!

- 5-6 juin : Louis XIV organise un Carrousel, au jardin des Tuileries, pour célébrer la naissance du dauphin Louis (1661).Devant une tribune officielle, cinq quadrilles s’affrontent dans un tournoi-ballet. Le roi, acteur de cette représentation, est habillé en empereur romain et porte un écu qui a pour emblème un soleil dissipant les ténèbres. Louis XIV choisit sa devise à l’occasion du Carrousel1. Elle a pour âme Nec pluribus impar et pour corps le Soleil¤. Il existe de nombreuses traductions de la devise de Louis XIV : « supérieur à tout le monde », « pas inégal à des tâches plus nombreuses. »
Voici ce qu'en dit Louis XIV dans ses fameuses "Mémoires": "Ce fut là (lors du carrousel de 1662) que je commençai à prendre (la devise) que j'ai toujours gardée depuis ; et que vous voyez en tant de lieux. Je crois que, sans m'arrêter à quelque chose de particulier et de moindre, elle devait représenter, en quelque sorte, les devoirs d'un prince, et m'exciter éternellement moi-même à les remplir. On choisit pour corps le soleil, qui, dans les règles de cet art, est le plus noble de tous, et qui, par la qualité d'unique, par l'éclat qui l'environne, par la lumière qu'il communique aux autres astres qui lui composent comme une espèce de cour, par le partage égal et juste qu'il fait de cette même lumière à tous les divers climats du monde, par le bien qu'il fait en tous lieux, produisant sans cesse de tous côtés la vie, la joie et l'action, par son mouvement relâche, où il parait néanmoins toujours tranquille, par cette course constante et invariable, dont il ne s'écarte et ne se détourne jamais, est assurément la plus vive et la plus belle image d'un grand monarque."


1663 - Claude Lefebvre est reçu à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture. Ce peintre, mort encore jeune (1637-1675) va portraiturer magnifiquement Louis XIV, Colbert, et Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné.

La même année 1663, Colbert se plaint des dépenses engagées à Versailles alors que le roi dispose déjà avec le Louvre du "plus superbe palais qu’il y ait au monde":
« Votre Majesté retourne de Versailles. Je la supplie de me permettre de lui dire sur ce sujet deux mots de réflexion … qu’elle pardonnera, s’il lui plait à mon zèle. Cette maison regarde bien davantage le plaisir et le divertissement de Votre Majesté que sa gloire. […] Il est bien juste qu’après une si grande et si forte application qu’elle donne aux affaires de son Etat … elle donne quelque chose à ses plaisirs et à ses divertissements, mais il faut bien prendre garde qu’ils ne préjudicent à sa gloire. Cependant, si votre Majesté veut bien chercher, dans Versailles, où sont plus de cinq cent mille écus qui y ont été dépensés depuis deux ans, elle aura assurément peine à les trouver. Si elle veut faire réflexion que…, pendant le temps qu’elle a dépensé de si grandes sommes de cette maison, elle a négligé le Louvre, qui ait assurément le plus superbe palais qu’il y ait au monde et le plus digne de la grandeur de Votre Majesté. […] Votre Majesté sait qu’à défaut des actions éclatantes de la guerre, rien ne marque davantage la grandeur et l’esprit des princes que les bâtiments … Ah ! quelle pitié que le plus grand roi et le plus vertueux … fût mesuré à l’aune de Versailles !»
Lettre de Colbert à Louis XIV, 1663.

En 1663, l'architecte Le Vau aménage la première orangerie et la ménagerie.

Février : création de « la Petite Académie » dont le rôle est de contrôler et d’orienter la création artistique. Elle compose également les devises, les dédicaces et les légendes qui accompagnent les figures illustrant les hauts faits du règne. Dès l’origine, « la Petite Académie » utilise une imagerie inspirée de l’Antiquité qui célèbre la gloire du jeune roi.
23 mai : le projet de restauration de la galerie du Roi au Louvre (incendiée en 1661) est adopté par Louis XIV. Confié à Charles Le Brun, le décor doit représenter les épisodes de l’histoire d’Apollon (future "Galerie d'Apollon").

Dès l’automne 1663, Molière vient à Versailles. Sa troupe joue L'École des Maris, Les Fâcheux, Le Dépit amoureux. Elle crée L'Impromptu de Versailles. Le roi est enchanté.

1663 - Pierre Mignard commence à peindre le dôme de l'Eglise du Val-de-Grâce, commande d'Anne d'Autriche. Mais Colbert ne parvient pas à le faire se rapprocher de Le Brun. Tous deux ont commencé dans l'atelier de Simon Vouet mais leur rivalité est trop forte. Toutes les femmes de la Cour veulent leur portrait par Mignard.
Sous le dôme du Val-de-Grâce, Mignard y peignit la fresque, le Paradis, où Anne d'Autriche, entourée de saints, vient offrir à Dieu le monument qu'elle lui a élevé; composition grandiose de plus de deux cents figures, la plus grande fresque du monde pour laquelle Molière écrivit son poème de la Gloire du Val-de-Grâce.

Création du prix de Rome sous la forme d’une récompense annuelle pour de jeunes artistes prometteurs en peinture et sculpture, qui prouvent leurs talents en effectuant des concours éliminatoires très difficiles. Le prix est organisé par l’Académie royale de peinture et de sculpture et est ouvert à ses élèves.

1664 Le château de Versailles peint par Adam Frans Van der Meulen.
- 24 février: baptême du premier fils de Molière et d'Armande, Louis, dont le roi Louis XIV accepte d'être le parrain, apportant ainsi sa caution au mariage de Molière.

- 12 mai: Première représentation du Tartuffe, par Molière. Molière vise avec cette pièce le parti dévot, puissant à la cour, qui critique le libertinage des mœurs, le luxe, les fêtes, la politique de prestige ou les guerres du roi. La pièce est interdite par le roi Louis XIV (sous la pression d'Anne d'Autriche, principal soutien de la Compagnie du Saint-Sacrement, incarnation du parti dévot.

1665 6 mai : une première fête fut donnée au château, elle s’intitulait la fête des Plaisirs de l’Île enchantée, donnée dans les jardins de Versailles. Le thème de la fête sera tiré des deux poèmes épiques du XVIe siècle : Roland furieux de l’Arioste et La Jérusalem délivrée (La Gerusalemme liberata, 1580) du Tasse. Molière présentera les Lettres françaises en créant la Princesse d’Élidé et les trois premiers actes du Tartuffe. Le roi avait secrètement offert cette fête à Mademoiselle de La Vallière.

En 1665, les premières statues sont dressées dans les jardins et on aménage la grotte de Thétis (achevée en 1668).
À partir du projet des frères Perrault, une grotte dédiée à la nymphe Thétis, est construite dans les jardins de Versailles. Située sur l’axe nord-sud, elle est ornée d’un décor à la gloire du soleil. Dans ce lieu, Thétis accueille chaque soir le dieu Apollon et son équipage, fatigués de leur course diurne. La grotte est détruite en 1684 pour permettre l’édification de l’aile nord du château. Les statues, réalisées notamment par François Girardon, sont déplacées à plusieurs reprises dans les jardins. Elles sont aujourd’hui visibles dans la grotte du bosquet des bains d’Apollon, construite sous le règne de Louis XVI. Seuls le groupe d’« Apollon et les nymphes » et « Les chevaux du Soleil », (sculptés par Girardon, Regnaudin, Marsy et Tuby) rappellent la Grotte de Téthys.


1666 Création de l’Académie des Sciences
Celle-ci sera notamment mise à contribution pour proposer des plans d’adduction d’eau permettant d’alimenter fontaines et bassins à Versailles.

1666 - Portrait de Colbert par Claude Lefebvre.

1666-1670
Réalisation du bassin de Latone* dans les jardins de Versailles par les frères Marsy. Le bassin comprend en son centre une statue de marbre représentant Latone qui implore l’aide de Jupiter. Elle est entourée de ses deux enfants, Apollon et Diane. Faisant cercle
autour du groupe, des paysans et des paysannes en plomb doré se métamorphosent en
grenouilles et en lézards.

1667-1668 Guerre de Dévolution.

1667 - Le Code Louis : ordonnance de Saint-Germain en Laye
Le Code Louis est le nom donné aux « ordonnances sur la réformation de la justice civile et criminelle » de 1666 et 1670, et ce en l'honneur du roi Louis XIV. C'est la mise en ordre des lois et juridictions du royaume, dont le Sud était de droit « romain » et le nord de droit coutumier. Il a été élaboré sous la direction de Colbert à partir de 1661.
En 1667, c'est la justice civile. Les trente cinq articles traitent surtout de la hiérarchisation des différents tribunaux, de la discipline des magistrats et toilettent la procédure.

Début du creusement du Grand Canal

1667-1679 La marquise de Montespan est la maîtresse de Louis XIV.
Elle lui donne 7 enfants. Compromise dans l’affaire des Poisons, délaissée par le roi, elle est remplacée par Mme de Maintenon qu’elle avait elle-même choisie comme gouvernante de ses enfants.

1668 - Charles Perrault (Paris 1628-id. 1703) devient commis des bâtiments. Il est le bras droit de Colbert sur le chantier de Versailles. Nommé secrétaire de
« la petite académie », puis commis des Bâtiments (1668), il est le bras droit de Colbert sur le chantier de Versailles et seconde le ministre dans la définition et le suivi de sa politique artistique et scientifique. Il prend parti pour les Modernes contre les Anciens (Le Siècle de Louis le Grand, 1687 ; Parallèles des Anciens et des Modernes, 1688-1692) lors de la célèbre querelle qui l’oppose à Boileau.

1668 - Pierre Patel, Vue du château de Versailles.
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1668, Pierre Séguier, chancelier de France, par Henri Testelin.
En 1633, il devient garde des Sceaux sous le ministère du cardinal de Richelieu, puis chancelier de France le 11 décembre 1635. Tous les officiers de justice dépendirent donc de lui pendant à peu près quarante années, ce qui veut dire que toute l'administration du royaume pendant cette période reposa sur lui. Laissé dans l'ombre par les fortes personnalités de Richelieu et de Mazarin, il joua pourtant un rôle essentiel dans la continuité des politiques de centralisation et d'acheminement vers un gouvernement qu'on appellera plus tard absolutiste. Il instruit des procès célèbres comme celui du marquis de Cinq-Mars en 1642 ou de Nicolas Fouquet en 1661 et scella, le 4 décembre 1634, les Lettres Patentes de l'Académie française.
En 1639, il est chargé de combattre la révolte des Nus-Pieds en Normandie contre l'augmentation de la gabelle. Il organise une répression très dure, exécutant de nombreux révoltés. En 1639, il est chargé de combattre la révolte des Nus-Pieds en Normandie contre l'augmentation de la gabelle. Il organise une répression très dure, exécutant de nombreux révoltés.
Après la mort du Cardinal Richelieu en 1642, il devient le protecteur de l'Académie française, dont il a été élu membre en 1635.
Lié au cardinal Mazarin, il est l'un des acteurs de l'accession d'Anne d'Autriche à la régence en 1643. Il influence notamment le parlement pour qu'il casse le testament de Louis XIII. Quand Mazarin devient chef du Conseil, il accède au rang de ministre d'État.
En 1652, sous la Fronde, il rejoint un temps Gaston de France et le prince de Condé, avant de retrouver le roi à Pontoise en août. Il perd alors sa charge de garde des Sceaux, qu'il ne retrouvera définitivement qu'en 1656. Il la conservera jusqu’à sa mort. Il meurt le 28 janvier 1672.


1668-1671 - Construction du bassin d'Apollon.

1669 - Réformation forestière.
Dans le Ballet de Flore, Louis XIV tient de nouveau le rôle du Soleil.
Dissolution de la Compagnie du Saint-Sacrement par Louis XIV. Molière est autorisé par le roi à jouer le Tartuffe.

1670
Louis XIV danse pour la dernière fois. Dans Les Amants magnifiques, il interprète le rôle d’Apollon combattant Python. Il s’agit d’une métaphore du roi écrasant la
Fronde des nobles.

1670 - Jean Racine s'inspire de l'histoire du Roi et de Marie Mancini pour écrire "Bérénice".

1671 Le clan Louvois-Le Tellier commence à prendre l’ascendant sur le roi au détriment du clan Colbert.

Mort de Louis Le Vau. François d'Orbay lui succède sur le chantier de Versailles.

1671 - Mariage de Philippe de France, frère du roi (Monsieur) avec Charlotte-Elisabeth de Bavière, , Princesse Electorale Palatine du Rhin (dite la « Palatine »).
Elle était issue du mariage en 1650 (suivi d'un divorce en 1657) de l'Electeur Palatin Charles Ier Louis , (1617-1680), comte palatin du Rhin et de Charlotte de Hesse-Cassel (1627-1686). Elle épousa en 1671 le frère de Louis XIV, Philippe de France (« Monsieur »), ce qui a fait d'elle la duchesse d'Orléans ou « Madame ». Leur fils aîné, Alexandre-Édouard mourut à 3 ans, l'affectant profondément(1676), leur second fils Philippe d'Orléans est devenu régent à la mort de Louis XIV. Leur fille Élisabeth Charlotte d'Orléans (1676 †1744) épousa le duc de Lorraine et de Bar Léopold Ier. Après cette troisième naissance, le couple décida d'un commun accord de faire chambre à part.
Originaire d'une petite cour allemande cultivée, elle est élevée dans la religion réformée à Heidelberg puis à partir du divorce de ses parents, par sa tante la duchesse de Hanovre. Celle-ci lui donne une éducation humaniste, sachant aimer la nature, Montaigne, Rabelais et la liberté, elle ne s'est jamais sentie très à son aise à la cour de Versailles régie par une étiquette rigoureuse où fleurissaient des intrigues de toutes sortes et où les relations humaines n'étaient basées que sur l'intérêt et l'égoïsme. En outre, si, comme l'observait un historien, "dans la fraîcheur de ses vingt ans, Madame n'était pas désagréable à regarder", son physique fut très rapidement compromis par un embonpoint considérable, dont elle parle elle-même en évoquant "sa taille monstrueuse de grosseur". Son mari, de toute façon indifférent aux charmes féminins, ne lui montra que l'empressement strictement nécessaire pour assurer une descendance. Pétillante d'esprit, indépendante, la princesse s'est alors consacrée à une correspondance très abondante. Ses lettres, au nombre de 60 000, rédigées dans un style savoureux, constituent une source d'informations précieuse sur la vie à la cour de France. La princesse est restée allemande de cœur et elle abhorre la cour et l'étiquette. Si on l'en croyait ses lettres, la dépravation attribuée à la Régence règnerait déjà dans toute la seconde moitié du grand règne.
Consciente de son rang et de ses devoirs, elle ne dissimule pas ses antipathies, en particulier contre sa deuxième belle-sœur, Madame de Maintenon, qu'elle surnomme (entre autres mille amabilités) « la vieille ripopée » (mélange de restes de vin), « l'ordure du roi », « la vieille sorcière », et même « la vieille touffe » ou « la vieille conne ». Méprisant la famille illégitime du roi, elle surnomme par exemple le comte de Toulouse (fils du roi et de madame de Montespan) « la chiure de souris », ou, à propos de la sœur de ce dernier, Mademoiselle de Blois, que son fils Philippe d'Orléans (1674-1723) a épousée, écrit : « Ma belle-fille ressemble à un cul comme deux gouttes d'eau ». Elle s'est d'ailleurs fortement indignée de ce mariage, Mademoiselle de Blois bien que fille légitimée du Roi, restant issue d'une union adultérine de ce dernier avec Mme de Montespan. Elle va jusqu'à gifler son fils sous les yeux de toute la Cour quand elle apprend qu'il a accepté ces épousailles qu'elle jugeait indignes de son rang. En revanche, elle montre toujours le plus grand respect envers le roi, tout en déplorant l'influence des gens qui l'entourent. Elle parle souvent de son fils en déplorant ses mauvaises fréquentations mais en admirant son intelligence et ses succès militaires. Par contre, elle se montre une mère attentive et sa correspondance avec sa fille, la duchesse de Lorraine et de Bar, (détruite en grande partie en 1719) est pleine de conseils maternels.
La princesse suit les débats d'idées de son temps et entretient même une correspondance avec Leibniz, mais elle ne partage pas le penchant de plus en plus dévot que suit le règne de Louis XIV. Elle partage dans ses lettres ses doutes sur de nombreux points de religion. Elle-même protestante convertie par devoir au catholicisme à Metz pour pouvoir épouser le frère du roi de France, elle reste fidèle dans son cœur à la foi de son enfance, et du reste, témoin de la révocation de l'Édit de Nantes, elle ne comprend pas pourquoi des peuples peuvent se dresser les uns contre les autres sur des points qui lui paraissent mineurs. Jamais elle ne se consolera de la détresse du Palatinat, sa région d'origine, ravagée par les armées du roi son beau-frère et tiendra Vauban pour responsable de la mort de son père et de son frère. Jusque dans les dernières années elle regrette sa jeunesse à Heidelberg. Elle souffrit aussi des avanies et des intrigues de l'entourage de son mari.

1671 Louis XIV promulgue la charte constitutive de la ville de Versailles. Louis XIV donne, à qui en feront la demande, des places à bâtir, franches d'impôts, exemptes de toute servitude. Il accorde aux maisons construites sur ces emplacements un privilège exorbitant, en les déclare insaisissables. Il s'agissait de permettre à des courtisans couverts de dettes par le train de vie dispendieux qu'ils menaient à la Cour, d'échapper à leurs créanciers. Conséquence: les gentilshommes se ruent. Le roi a trouvé le meilleur subterfuge pour peupler la ville et y regrouper la noblesse de France. De nombreux courtisans sollicitent le don d'une place à bâtir. Près de cinq cents brevets sont délivrés en quelques années: Noailles, La Feuillade, Condé, Turenne, Gramont, Gesvres, tous les grands du royaume ont bientôt leur hôtel à Versailles. Le privilège subsista jusqu'en 1713.

1672
Ecole française, Vue du château de Versailles et du parterre d’eau : tableau de 1672 qui montre la façade à l’italienne, avec toi plat en terrasse. Terrasse au premier étage séparant l’appartement du roi à gauche de celui de la reine à droite. A partir de 1678, profonde transformation avec la Galerie des Glaces.

1672-1673 - Charles Le Brun dirige le programme de décoration de l’appartement du Roi
(aujourd’hui Grand Appartement du roi). Le salon d’Apollon forme le centre de l’appartement et constitue la Grande Chambre du roi. Les six autres salons, répartis de part et d’autre, sont dédiés aux divinités/planètes de Vénus, de Diane, de Mars, de Mercure, de Jupiter et de Saturne¤. Ces deux derniers salons disparaissent lors de la construction de la galerie des Glaces en 1678. L’appartement du Roi est interprété comme une libre redistribution du système solaire de Ptolémée. Groupées autour du Soleil, censées graviter autour de lui, les planètes constituent en quelque sorte une cour céleste, dont la cour terrestre serait le reflet.

1672 - Construction de l'escalier des Ambassadeurs qui dessert le Grand Appartement
du roi. L'escalier des Ambassadeurs sera détruit en 1752.

1673 - Siège de Maastricht( tableau de Pierre Mignard, Louis XIV - en romain - couronné par la victoire).

1674 - Fin de l'"enveloppe" (Louis Le Vau et François d'Orbay)

1678, Jules HARDOUIN-MANSART donne les plans d'agrandissement du château avec la construction de l'aile du Midi, de la galerie des glaces, du bassin de Neptune et, du côté de la ville, des ailes des Ministres.

1678 Liaison entre Louis XIV et la duchesse de Fontanges
Elle naquit au château de Cropières, dans le Cantal, en 1661. Son père était lieutenant du roi en Auvergne. Elle fut introduite à la Cour en qualité de fille d'honneur de la Palatine, belle-sœur du roi Louis XIV. Angélique de Scorailles sut attirer d'emblée l'attention de Louis XIV et devint peu après sa maîtresse, en 1678. Marie-Angélique était d'une grande beauté : « une belle créature », selon le roi.
Leur liaison fut secrète jusqu'au printemps 1679 où elle fut reconnue officiellement maîtresse royale. C'est alors qu'elle dévoila son caractère ambitieux et dépensier. Vers la fin d'année 1679, elle accoucha prématurément d'un garçon mort-né et se remit mal de ses couches. Petit à petit, Louis XIV se détacha d'elle, car elle était, selon beaucoup, « sotte comme un panier ».
Le fait que Louis XIV la titra duchesse de Fontanges, en 1680, marqua le déclin de sa faveur qui fut aussi éclatante que brève. Délaissée et toujours non remise de son accouchement, la duchesse de Fontanges mourut le 28 juin 1681. Elle avait à peine vingt ans.
Sa mort subite alimenta alors des rumeurs d'empoisonnement liées à l'affaire des poisons. Madame de Montespan fut citée comme empoisonneuse. Mais les médecins d'aujourd'hui qui ont étudié le rapport d'autopsie d'Angélique de Fontanges, ont établi qu'elle était morte naturellement d'une pleurésie.

1679 - Le régiment des Suisses commence à creuser la pièce d'eau qui portera leur nom.
Louis XIV commande à Hardouin-Mansart la construction de l’aile du Midi

13 mars : Arrestation de La Voisin ; l'affaire des Poisons éclate au grand jour
En 1672, à la mort d'un officier de cavalerie, Godin de Sainte-Croix, on découvrit dans ses papiers des pièces accusant sa maîtresse, la Marquise de Brinvilliers d'avoir empoisonné son propre père, ses deux frères et sa sœur pour s'approprier leur part d'héritage. La Marquise de Brinvilliers fut jugée et exécutée en 1676.
En 1677, l'enquête révéla qu'une certaine Marie Bosse avait ainsi fourni des poisons à certaines épouses de membres du Parlement voulant empoisonner leur mari. Marie Bosse dénonça la femme Montvoisin, dite la Voisin, d'autres comparses et un certain Lesage. Les révélations des inculpés portant sur des personnes de qualité, il fut créé une commission spéciale pour juger sans appel les accusés : la « Chambre ardente ». De grands personnages, surtout des femmes, furent alors cités: Mme de Vivonne (belle-sœur de Madame de Montespan), Mme de La Mothe, Mlles des Œillets et Cato (suivantes de Mme de Montespan), la comtesse de Soissons, la comtesse du Roure, la vicomtesse de Polignac, la maréchale de Luxembourg, et d'autres encore.
Le lieutenant de police La Reynie mena une enquête minutieuse, d'où il ressortit qu'à l'accusation d'empoisonnement se joignait d'autres délits : meurtres d'enfants lors de messes noires dites par des prêtres débauchés (dont le tristement célèbre Étienne Guibourg), profanations d'hosties et, même, quelque fois fabrication de fausse monnaie.
Mais ce zèle de la part de La Reynie cacha la lutte que se livraient Louvois, ministre de la Guerre, et Jean-Baptiste Colbert, Louvois menant une enquête parallèle et secrète pour le compte du Roi, tandis que les accusés les plus illustres étaient des proches de Colbert, le ministre des Finances de l'époque.

Après l'exécution de sa mère, la fille de la Voisin mit en cause Mme de Montespan : celle-ci avait eu des relations avec la Voisin, sans doute pour obtenir des poudres propres, croyait-elle, à lui ramener l'amour du roi, et avait participé à des cérémonies de conjuration. La Chambre ardente prononça contre des comparses secondaires 36 condamnations à mort, plusieurs aux galères. Les grands personnages furent épargnés. La Chambre ardente fut dissoute en 1682 par ordre de Louis XIV, sans qu'aient été jugés les accusateurs de Mme de Montespan, qui furent enfermés dans des forteresses royales.
La Voisin fut jugée avec 36 complices, condamnée à mort et brûlée en place de Grève le 22 février 1680. Plusieurs condamnées furent enfermées à la citadelle Vauban du Palais, à Belle-Île-en-Mer. Quant à Mme de Montespan, elle ne fut pas inquiétée, par protection du roi (elle était la mère de ses enfants illégitimes), et resta à la Cour. La bannir aurait montré sa culpabilité, et le roi ne voulait pas que celle-ci (comme celle de Racine) devienne publique. Madame de Montespan, reléguée dans un modeste appartement de Versailles, tomba en disgrâce où elle resta dix ans durant, jusqu'à sa mort; le roi ne passant plus devant sa chambre que pour se rendre chez Madame de Maintenon.

1680 - Mariage du Grand Dauphin avec Marie Anne Christine de Bavière.
Fils aîné de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche, il épousa Marie Anne Christine de Bavière le 7 mars 1680. Ils eurent comme enfants :
- Louis (6 août 1682 † 19 février 1712), duc de Bourgogne ;
- Philippe (19 décembre 1683 † 9 juillet 1746), duc d'Anjou, roi d'Espagne sous le nom de Philippe V ;
- Charles (31 juillet 1686 † 5 mai 1714) duc de Berry.
Il se signala par sa bravoure au combat, notamment pendant la guerre de Succession d'Espagne.Il mourut de la petite vérole en 1711 à l'âge de cinquante ans, quelques années avant son père. Quand à la dauphine, elle fut immédiatement la proie des moqueurs à cause de sa laideur proverbiale. Allemande, elle se replia sur ses appartements auprès de sa servante allemande, Bessola, tandis que le Grand Dauphin multipliait les conquêtes et les liaisons. La santé de la Dauphine était assez précaire comme le souligne Saint-Simon pour qui elle « était toujours mourante » et « sa courte vie ne fut qu’une maladie continuelle. » Mme de Caylus, impitoyable quand elle souligne la laideur de la dauphine, ironise sur ses « vapeurs »: « Elle passait sa vie renfermée dans de petits cabinets derrière ses appartements, sans vue et sans air ; ce qui, joint à son humeur naturellement mélancolique, lui donna des vapeurs. Ces vapeurs, prises pour des maladies effectives, lui firent faire des remèdes violents ; et enfin ces remèdes, beaucoup plus que ses maux, lui donnèrent la mort, après qu’elle nous eut donné trois princes. » Elle fit de nombreuses fausses couches et la naissance de son dernier fils, Charles, en 1686, détériora complètement sa santé. Elle en était si persuadée qu’en donnant sa dernière bénédiction à ses enfants, peu avant de rendre l'âme, elle soupira, en embrassant le petit duc de Berry, le vers d’Andromaque: « Ah ! mon fils, que tes jours coûtent cher à ta mère ! » Toutefois, il est probable que c’est des suites de la tuberculose que mourut la dauphine, le 20 avril 1690, avant ses trente ans.
L’évêque de Nîmes, Fléchier, prononçant l’oraison funèbre de la dauphine, interprète de façon plus charitable et plus édifiante que ses contemporains, l’isolement volontaire où se confina cette princesse : « On la vit renoncer insensiblement aux plaisirs, et se faire une solitude où elle pût se dérober à sa propre grandeur, et jouir d’une paix profonde au milieu d’une cour tumultueuse.»

1682
Le 6 mai 1682, Louis XIV et sa Cour s'installent définitivement dans le palais: Versailles devient résidence officielle du gouvernement. Il y impose l’étiquette qu’il fait observer depuis qu’il est à Saint-Germain.
Le cérémonial de la cour, bon enfant sous François Ier, mieux observé sous Henri II, est codifié par Henri III (1574-1589). Ce roi désire instaurer une distance entre ses sujets et lui-même, apprivoiser et civiliser la noblesse. Il édicte en 1578, 1582 et 1585 des livrets de protocole que le grand maître des cérémonies (charge créée en 1585) doit imposer. Sous Henri IV (1589-1610), l’étiquette subsiste à condition de ne pas contrarier les goûts royaux. Le roi oublie volontiers la cérémonie du lever, adore bouleverser le cérémonial du repas et se plaît à simplifier l’apparat des audiences.
Louis XIII (1609-1643) et la cour résident au Louvre, à Paris ainsi qu’à Saint-Germain. Louis XIII, peu fait pour la représentation, conçoit à peine l’utilité d’une cour, n’imaginant pas que la présence des seigneurs à ses côtés puisse éviter les complots des Grands contre le pouvoir royal.
Au lendemain de la mort de Mazarin, Louis XIV annonce à Fontainebleau sa prise du pouvoir. Il impose un nouveau style, celui du gouvernement direct, éclairé par des conseils. Après la mort de sa mère Anne d’Autriche en 1666, Louis XIV et sa cour résident principalement à Saint-Germain et à Versailles.
Louis XIV fait appliquer les règles établies par Henri III. Il a assez d’exigence envers lui-même pour se les imposer et suffisamment de pouvoir pour y soumettre les autres. Contrairement aux idées reçues, Louis XIV est amené à assouplir ces règles pour en faire un usage quotidien.
À Saint-Germain comme à Versailles, l’étiquette marque chaque moment de la vie du monarque, souligne la place de chacun, fixe les rangs. Chacun à la cour est tenu d’observer l’étiquette et est soucieux de voir respecter son rang.

Installation de la nouvelle chambre du roi (chambre actuelle) au centre du château.
La cour s’installe au milieu du chantier.

1682 - Hyacinthe Rigaud obtient le prix de Rome avec "Cain bâtit la ville d'Hénoche". Charles Le Brun dissuade le jeune peintre de partir à Rome et lui conseille de se spécialiser dans le portrait. Rigaud remporte immédiatement un grand succès pour son talent à restituer dans ses portraits, le rendu des traits, sorte de « photographie instantanée » des visages, jusqu'ici trop souvent idéalisés. À cette ressemblance confondante, Rigaud allie rapidement une science des textures et des couleurs, à tel point que nombreux seront ceux qui avoueront devoir toucher la toile pour se rendre compte que les soieries et autres drapés n'étaient pas réels mais simplement peints.

1683
Naissance du duc d’Anjou, deuxième petit-fils de Louis XIV.
Mort de la reine Marie Thérèse d’Autriche
Marie-Thérèse d'Autriche (1638-1683) par Vélasquez

Fille du roi d'Espagne Philippe IV et d'Élisabeth de France, Marie-Thérèse naquit le 10 septembre 1638 à Madrid, et perdit sa mère en 1644 à six ans. De tous ces frères et soeurs ne survivait que l'infant Baltasar Carlos, héritier du trône qui mourut deux ans plus tard âgé de dix-sept ans. A 8 ans, Marie-Thérèse était le seul enfant survivant de Philippe IV et l'héritière des immenses possessions espagnoles sur lesquelles "le soleil ne se couchait jamais".

Son éducation a été étroite, rigide, et profondément catholique. Depuis son plus jeune âge,il était question qu'elle épouse, pour des raisons dynastiques son cousin,chef de la branche autrichienne et impériale des Habsbourg d'abord l'archiduc Ferdinand qui mourut en 1654 puis son frère qui devint l'Empereur Léopold Ier en 1658. Elle épousa finalement Louis XIV pour sceller la paix des Pyrénées (1659).
Elle épousa le 9 juin 1660, à Saint-Jean-de-Luz, conformément au traité des Pyrénées, Louis XIV. Œuvre du cardinal de Mazarin, premier ministre français, ce mariage n'était pour le roi que Raison d'État. Il avait jusqu'au dernier moment espéré épouser la nièce du cardinal Marie Mancini, mais le ministre et la reine-mère, Anne d'Autriche, s'opposèrent à cette mésalliance.

À son arrivée au Louvre, sa belle-mère et tante Anne d'Autriche la prit sous sa protection. Elle tenta de lui enseigner le métier de reine, mais Marie-Thérèse ne se montra jamais réellement à la hauteur. La princesse n'était pas une femme du monde. Même si elle finit par atteindre une bonne maîtrise du français, elle n’avait pas les capacités requises, et les représentations publiques ne furent pour elle que des occasions où elle laissait paraître sa gaucherie. Anne d'Autriche ne vit plus en sa nièce que la femme devant lui donner des petits-enfants.
Louis XIV délaissa bien vite son épouse pour ses nombreuses favorites. Il restait cependant un époux très consciencieux, et Marie-Thérèse mit ainsi au monde six enfants en dix ans :

- Louis, Grand Dauphin (1er novembre 1661-14 avril 1711)
- Anne-Élisabeth (18 novembre-30 décembre 1662)
- Marie-Anne (16 novembre-26 décembre 1664)
- Marie-Thérèse, la Petite Madame (2 janvier 1667-1er mars 1672)
- Philippe (5 août 1668-10 juillet 1671)
- Louis-François (14 juin-4 novembre 1672)

Soit trois enfants mort-nés après quelques mois, un fils mort à l’âge de trois ans, une petite fille morte à l’âge de 5 ans. Seul le Grand Dauphin survécut au-delà de sa cinquième année.

L'hypothèse que cette considérable mortalité était certainement due à la consanguinité dont on ne connaissait pas les méfaits, n'explique pas la bonne santé du Grand Dauphin, mais la mère de Marie-Thérèse était la sœur de Louis XIII et Philippe IV d'Espagne avait pour sœur Anne d'Autriche, mère de Louis XIV. Eux-même étaient également, pour la plupart, issus d'unions consanguines.

Marie-Thérèse resta très pieuse, mais pas bigote. Elle protégea les comédiens contre l'Eglise. Elle invitait les "courtisanes" de son mari à venir faire des prières avec elle. Marie-Thérèse finit par se replier sur elle-même, vivant au sein d'une petite cour, isolée au milieu de la Cour, recréant l'atmosphère de Madrid, entourée "de ses femmes de chambre espagnoles, de moines et de nains", mangeant de l'ail et buvant du chocolat, chaussant des talons très hauts qui la faisaient souvent tomber. Pour faire venir à Versailles un confident, elle joua au jeu avec lui et perdit beaucoup d'argent. Le roi fut obligé d'intervenir.

D'une dévotion toujours plus intense, l'essentiel de son activité concerne les soins aux malades, aux pauvres et aux déshérités. Elle fréquente l'Hôpital de St Germain en Laye, assurant les soins les plus pénibles. Elle soulage même en secret les "pauvres honteux" en accordant des dots aux filles de nobles pauvres.
En 1665, son père meurt, laissant le trône à un fils souffreteux âgé de quatre ans issus d'un second lit. Louis XIV en profite pour demander une part d'héritage (guerre de Dévolution).

En 1666, la mort lui enlève le seul soutien qu'elle avait à la cour : sa belle-mère et tante, la reine-mère Anne d'Autriche. Marie-Thérèse souffrit beaucoup de certains adultères qui faisait de ses favorites des dames de compagnie de son épouse et voyageait ouvertement avec sa femme et ses deux maîtresses. Confronté à ce spectacle immoral, on prétend que le peuple murmurait, goguenard ou affligé, "Le roi promène les trois reines". Elle souffrit également à partir de 1667 des légitimations successives des enfants naturels de son mari. Ces derniers faisaient de l'ombre au dauphin.
A partir de l'été 1680, sous l'influence de Madame de Maintenon, Louis XIV se rapprocha de son épouse, qu'il avait publiquement délaissée. « La reine est fort bien à la cour », remarquera , toujours moqueuse, Madame de Sévigné. Marie-Thérèse, émue jusqu'aux larmes par les attentions inattendues de son volage époux dira : « Dieu a suscité Madame de Maintenon pour me rendre le cœur du roi ! Jamais il ne m'a traitée avec autant de tendresse que depuis qu'il l'écoute ! »

Mais Marie-Thérèse ne profita guère de ce regain de faveur. Elle mourut brusquement, le 30 juillet 1683, à Versailles, des suites d'une tumeur bénigne sous le bras gauche mais mal soignée. Ses derniers mots furent « Depuis que je suis reine, je n'ai eu qu'un seul jour heureux ». Elle était devenue trés grosse. Louis XIV dira de cette mort « c'est le premier chagrin qu'elle me cause ». Guère plus de deux mois après ce trépas, il convolera secrètement avec sa dernière maîtresse qu'il surnommait dans le privé "sainte Françoise" : Madame de Maintenon.

1683 Mariage de Louis XIV avec Mme de Maintenon
« Saint-Cloud, le 14 avril 1688, lettre de la princesse Palatine à la duchesse de Hanovre.
[…] Je n’ai pas pu savoir si le roi a oui ou non épousé la Maintenon. Il y en a beaucoup qui assurent qu’elle est sa femme, et que l’archevêque de Paris les a unis en présence du confesseur du roi et du frère de la Maintenon ; mais d’autres disent que ce n’est pas vrai, et il est impossible de savoir ce qu’il en est. En tout cas, ce qu’il y a de certain, c’est que le roi n’a jamais eu pour aucune maîtresse la passion qu’il a pour celle-ci ; c’est quelque chose de curieux à voir quand ils sont ensemble. Si elle est quelque part, il ne peut pas y tenir un quart d’heure sans aller lui parler à l’oreille et l’entretenir en secret, bien qu’il ait été toute la journée auprès d’elle. Cette femme est un méchant diable que chacun recherche et craint fort, mais elle est peu aimée. […] »

1684 - La Galerie des Glaces est enfin achevée.
Jules Hardouin-Mansart construit l'Orangerie et met en chantier l'aile du Nord.

Versailles est encore un immense chantier. Dangeau, chroniqueur de la Cour, note ainsi le 27 août 1684 : « Durant cette dernière semaine, on dépensa pour Versailles 250 000 livres ; il y avait tous les jours 22 000 hommes et 6 000 chevaux qui travaillaient... ».

Le grand parterre du Midi au XVIIe siècle. Vue perspective de l’orangerie et du château de Versailles depuis les hauteurs de Satory, par Jean-Baptiste Martin.
XVIIe siècle.

1685
Mise en service de la machine de Marly (3 200 m3 par jour) : une chute d’eau, créée
grâce à un barrage sur la Seine, actionne quatorze roues à aubes de 11,60 m de
diamètre. Ces gigantesques roues font fonctionner deux cent vingt et une
pompes réparties sur trois niveaux successifs, afin de réduire les « coups de
bélier ». L’eau est élevée 165 m plus haut jusqu’à l’aqueduc de Louveciennes.
Le rendement de la machine s’avérant plus faible que prévu, l’eau de la Seine est
très peu utilisée à Versailles et sert essentiellement pour Marly.

1686 - Antoine Coysevox décore le salon de la guerre.
Premier séjour du roi de France à Marly. Dès lors, Louis XIV aime s’y retrouver au milieu d’une cour restreinte et soigneusement choisie. Le cérémonial est assoupli : même en présence du roi, les hommes restent couverts, les dames sont admises dans le salon en « robes de chambre » (toilettes de ville) ; on reste assis devant le dauphin et les princes de sang. Être invité à Marly est une faveur rare et convoitée.


1687 - Pour les jardins de Versailles, Jean Legeret et Jean Dugoulon réalisent deux vases en marbre décorés de tournesols. Cette fleur dont la face est toujours tournée vers le soleil est la métaphore du courtisan.
En 1687, s'effectue la construction du Trianon de Marbre à la place du Trianon de Porcelaine.

Promenade de Louis XIV en vue du parterre du Nord (détail), vers 1688, par Etienne Allegrain.

1689
En 1689, en raison des difficultés financières, Louis XIV ordonne la fonte de la vaisselle et de tout le mobilier d'argent conçu par Le Brun. Louis XIV rédige une première version de la Manière de montrer les jardins de Versailles.

Hyacinthe Rigaud, portrait de Philippe II, alors duc de Chartres (le futur régent, Philippe d'Orléans).

1690 - 12 février: mort de Charles Le Brun.
Pierre Mignard, anobli par Louis XIV en 1687, est nommé par le roi premier peintre à la mort de Le Brun. Louis XIV lui donne la direction des manufactures royales et le fait d'office entrer à l'Académie et y siéger comme directeur. La faveur de Mignard avait grandi avec la montée du clan Louvois alors que dimininuait celle de Le Brun après la mort de Colbert. Durant les années 1660-1680, tandis que Le Brun, pompeux et magnifique, avait pour lui la toute-puissance officielle, Mignard, plus fin, avait les écrivains et les femmes, lui qui avait peint Molière et Bossuet lui qui avait peint la princesse Palatine, la duchesse de Châtillon, la comtesse de Fiesque, Julie d'Angennes, Mlle de Montpensier, Mlle de Valois et sa soeur la grande-duchesse de Toscane, Mme de la Sablière, la duchesse de Brissac, la duchesse de Ventadour, Mme de Montespan et Mlle de La Vallière, Mme de Sévigné et Mlle de Grignan, Mlle de Fontanges, et qui avait peint dix fois Louis XIV.

1693
L’astronome Jean-Dominique Cassini, membre de l’Académie royale des sciences, reconnaît publiquement le système de Copernic en France.

1694
Portrait de Madame de Maintenon par Pierre Mignard.
Premier portrait de Louis par Hyacinthe Rigaud (et Jean Ranc son élève). On est loin d'un portrait idéalisé du Roi-Soleil, tant le visage de Louis XIV, proche du visage de cire, semble avoir vieilli depuis les premiers portraits de Le Brun.

1695
30 mai : mort de Pierre Mignard.

1697
Hyacinthe Rigaud, Portrait de de Louis de France, dit le « Grand Dauphin » - Madrid, Patrimonio Nacional

1700
Hyacinthe Rigaud (1659-1743), reçu à l'Académie royale de peinture et de sculpture.

1701 La Petite Académie prend le nom d’Académie royale des inscriptions et des médailles.

1701 - Hyacinthe Rigaud peint le portrait de Louis XIV en costume de sacre.
Cliquez ici.

1702 - Exposition du tableau de Hyacinthe Rigaud à Versailles.
« On a exposé le Portrait du Roy dans le grand Appartement de Versailles.
Il est en pied avec l’Habit Royal. Cet ouvrage est de Mr Rigault (sic). Jamais
portrait n’a été mieux peint ni plus ressemblant. Toute la Cour l’a vu, et Tout l’a
admiré. Il faut qu’un Ouvrage soit bien beau et bien parfait pour s’attirer un
applaudissement général dans un lieu où le bon goût règne, et où l’on n’est pas
prodigue de louanges. Sa Majesté ayant promis son Portrait au Roy d’Espagne
veut tenir sa parole en lui donnant l’original et Mr Rigault en doit faire une copie quibest souhaitée de toute la Cour. Quoiqu’on voie avec regret partir l’original, on en aurait bien plus de chagrin s’il n’était pas destiné au roi d’Espagne. »
Le Mercure Galant, janvier-février 1702, p. 302-303.

1702 Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon obtient un appartement pour lui et sa femme dans le château de Versailles.
C’est l’ancien appartement du maréchal de Lorge, dans l’aile nord. Il l’occupera jusqu’en 1709. En 1709, il perd son logement. Pontchartrain lui en prête un autre, situé au 2e étage de l’aile droite des ministres, puis en 1710, Saint-Simon — ou plutôt sa femme, nommée femme d’honneur de la duchesse de Berry — obtient un grand appartement, attribué auparavant à la duchesse Sforza et à la duchesse d'Antin. Le nouvel appartement possède en outre des cuisines, ce qui permettra à Saint-Simon de donner fréquemment soupers et dîners, et d’enrichir encore ses Mémoires.

1702-1714
La guerre de Succession d’Espagne. Cette guerre, provoquée par l’avènement de
Philippe V au trône d’Espagne, oppose la France et l’Espagne à une coalition
européenne dirigée par l’empereur Léopold Ier.
Les traités d’Utrecht (1713) et de Rastadt (1714) mettent fin à un conflit de douze
ans. Les pays européens reconnaissent les Bourbons d’Espagne ; un nouvel
équilibre européen est né. Le royaume de France sort épuisé du conflit.

1709
Consécration de la chapelle définitive, dessinée par Mansart et terminée par Robert de Cotte.

Dézallier d’Argenville, La Théorie et la pratique du jardinage

Dézallier d’Argenville, Antoine-Joseph (Paris 1680-id. 1765).
Après avoir étudié les Beaux-Arts, Dézallier d’Argenville effectue un voyage en Italie (1713) pour se perfectionner dans la connaissance de la peinture et visite l’Angleterre (1728). Maître des comptes à Paris en 1733, il est nommé conseiller du roi en 1748. Il fixe les idées d’André Le Nôtre dans un traité intitulé La Théorie et la pratique du jardinage (1709). L’ouvrage, maintes fois réédité et traduit en plusieurs langues (dont l’anglais et l’allemand), connaît un succès considérable et contribue largement à la diffusion du jardin à la française à travers toute l’Europe.
Extrait sur les jardins et les fontaines:
« Ce sont elles [les eaux et les fontaines] qui font le principal ornement des jardins, elles les animent et semblent même leur prêter de la vie ; leur brillant éclat, leur chute en bannissent la solitude, et nous ne devons souvent qu’à leur fraîcheur et à leur murmure, l’aimable repos qu’elles nous procurent. »
Dézallier d’Argenville, Antoine-Joseph, La Théorie et la pratique du jardinage, à
Paris, Jean-Pierre Mariette, 1747, IVe partie, chap. I, p. 305.

1713
Hyacinthe Rigaud et atelier : portrait de la Princesse Palatine - Versailles, musée national du château.
Voici ce que disait la Princesse Palatine sur les difficultés d'élocution de Rigaud: « Il y a un peintre ici, Rigo, qui bégaye si terriblement qu’il lui faut un quart d’heure pour chaque mot. Il chante dans la perfection et en chantant, il ne begaye pas le moins du monde » ( « Lettres de Madame, duchesse d'Orléans, née princesse Palatine (1672-1722) ». Mercure de France, 1981, Coll. « Le Temps retrouvé », p. 224.).

1715
1er septembre 1715 - Mort de Louis XIV, à Versailles.
Le 1 septembre 1715, le Roi décède ; Versailles est un temps abandonné par la Cour. Louis XIV s’éteint à 77 ans après avoir régné 72 ans. Il reste le chef de l’Etat qui a régné le plus longtemps sur la France. Au total sur ces 54 années de règne personnel, 32 furent des années de guerre.

1715-1774 - Règne de Louis XV.
Hyacinthe Rigaud: Portrait de Louis XV - Versailles, musée National du château.

1721
Hyacinthe Rigaud : Portrait de Louis XV - Madrid, Patrimonio Nacional.

1722
Ayant séjourné à Paris depuis la mort de Louis XIV, Louis XV et sa cour s’installent
à Versailles.

25 octobre 1722 Sacre de Louis XV, à Reims.

1723
Mort du régent Philippe d’Orléans.

1725
Louis XV épouse Marie Leszczynska, fille du roi de Pologne.
Louis XV continue de suivre les cérémonies du lever et du coucher.
Après la construction de ses petits appartements, le roi préfère ses soupers
organisés là, au retour de chasse, aux dîners en public.

1727-1729
Hyacinthe Rigaud : Portrait de Louis XV - Versailles, musée National du château.

1742-1750 : Edification de l'église Saint-Louis à Versailles, par Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1711-1778), petit-fils de Jules Hardouin-Mansart. Malgré quelques belles réalisations dans le style rocaille (château d'Asnières-sur-Seine), Mansart de Sagonne finit sa vie assez misérablement, notamment par le discrédit grandisssant du style rocaille face à la vogue du néoclassicisme à partir des années 1750. L'église combine avantageusement courbes baroques et rigueur néoclassique. Ses tours-clochers coiffées de bulbes rococo se marient avantageusement avec les austères colonnes doriques, corinthiennes et ioniques.

A la croisée du transept, un dôme à pans coupés s'élevant avec grâce et agilité à 65 mètres de haut offre un contraste saisissant avec la lourdeur néogothique de la chapelle de Versailles qui lui fait face au-dessus des toits versaillais.

Avec sa chaire à prêcher et son banc de style rocaille, ses grandes orgues et ses tableaux de François Boucher, la blancheur de ses murs et les formes courbées des marches portant l'autel, l'intérieur de l'église témoigne de l'originalité du style rocaille dans l'art religieux.

Vers 1745, édification de L’Hôtel des Menus plaisirs du Roi.
Cette bâtisse abritait les magasins des Menus-Plaisirs du roi, administration en charge des jeux, des cérémonies, des concerts et des spectacles. On y entreposera notamment des accessoires de sport (notamment pour le jeu de paume), des décors de théâtre, des instruments de musique… On y trouve également des ateliers pour les maquettes, costumes, peintures et autres sculptures. En 1759, l’hôtel renferme aussi un cabinet de physique installé par l’abbé Nollet pour l’instruction des enfants de France, à commencer par le futur Louis XVI. Mais l'Hôtel est resté célèbre dans l’histoire de France pour avoir accueilli les États généraux de 1789, les derniers que connut l’Ancien Régime. C'est là notamment que, dans la nuit du 4 août 1789, l’Assemblée Nationale constituante y décida l’abolition des privilèges. Le 26 août, à l’issue de débats menés par Mirabeau, elle y proclame la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen. L’immeuble, restauré à l'occasion du Bicentenaire de la Révolution française (1989), accueille depuis 1996 le Centre de musique baroque de Versailles.


1746 - Mort de Philippe V, roi d’Espagne.

1753 - Dans le cabinet du Conseil au château de Versailles, François Boucher peint au centre Le Soleil qui chasse son cours ; les Saisons sont figurées par des enfants.

23 août 1754
Naissance à Versailles du duc de Berry, futur Louis XVI, fils de Louis de France et
de Marie-Josèphe de Saxe, petit-fils de Louis XV.

1769
Livraison du secrétaire à cylindre de Louis XV
Ce meuble est commandé par Louis XV qui veut un bureau où il puisse laisser ses papiers à l'abri des regards. C'est ainsi que naît le secrétaire à cylindre. Son élaboration est longue : l'ébéniste allemand Jean-François Oeben le commence en 1760 et il n'est achevé qu'en 1769 par son élève, Jean-Henri Riesener, qui deviendra l'ébéniste préféré de la reine Marie-Antoinette. Il en est si fier qu'il signe "Riesener 1769" sur la marqueterie, ce qui est rarissime.
Payé 62 800 livres, c'est le meuble le plus coûteux réalisé pour Louis XV. Non seulement il présente un décor de tableaux en marqueterie de bois précieux encadrés de somptueux bronzes dorés, mais encore il dissimule un prodige de mécanique pour le fonctionnement des tiroirs à secrets. Seul le souverain en possède la clef qui sert, d'un quart de tour, à déverrouiller le cylindre et tous les tiroirs.


mai 1770 - Mariage du dauphin, futur Louis XVI, avec Marie-Antoinette, fille de l’impératrice d’Autriche Marie-Thérèse.

10 mai 1774 - Mort de Louis XV, à Versailles. Louis XVI devient roi.

1775 (Louis XVI) - Première replantation du Parc
Au début du règne de Louis XVI de nombreux arbres centenaires sont à la merci d’une tempête : il est donc nécessaire de procéder à une grande replantation. Va-t-on céder à la mode nouvelle et dessiner un jardin à l'anglaise ou va-t-on respecter le tracé de Le Nôtre ? Sur les instances du Roi lui-même, cette dernière solution est heureusement retenue. Toutefois, le Labyrinthe est détruit pour laisser place au bosquet de la Reine, davantage au goût du jour, tout comme le nouveau bosquet des Bains d'Apollon conçu par le peintre Hubert Robert.

1783 - Signature des traités de Paris et de Versailles le 3 septembre
Le traité de Paris, qui est signé le 3 septembre 1783 entre les représentants des treize colonies américaines et les représentants anglais, met un terme à la guerre d'indépendance des Etats-Unis. Par ce traité, la Grande-Bretagne reconnaît l'indépendance des Etats-Unis d’Amérique et leur accorde le territoire jusqu'au Mississipi.
Le même jour, le traité de Versailles signé par la France, l'Espagne et le Royaume-Uni complète le traité de Paris et reconnaît la souveraineté de l'Espagne sur la Floride. Par ce traité, la France récupère certaines colonies qu'elle avait perdues comme le Sénégal.

1786 Félix Hézecques devient page de la chambre du Roi Louis XVI.
Félix Hézecques, comte de France d’(Artois 1774-1835). Page de la chambre du roi Louis XVI en 1786, page de la grande Écurie en 1790, Capitaine des gardes du Corps du roi en 1791. Émigré pendant la Révolution française, il revient en France en 1804 où il achève sa carrière militaire. Ses Souvenirs, rédigés en 1804, décrivent la vie quotidienne du roi Louis XVI et de la famille royale depuis 1786 jusqu’aux événements révolutionnaires.

Le lever du roi Louis XVI d’après Félix, comte de France d’Hézecques
(1774-1835), page de la chambre du Roi Louis XVI.
« Le cérémonial du lever du roi pourra paraître d’autant plus curieux qu’il est déjà plus loin de nous, et que bien des gens demanderaient volontiers si ce lever était réellement l’instant où le roi quittait son lit.
Il est à croire que, dans des temps plus reculés, les courtisans moins paresseux que de nos jours se trouvaient au réveil du prince. Aman, à la porte d’Assuérus, devançait le jour. Mais, successivement, l’heure se trouva reculée, et le lever était devenu la toilette du roi ; car, sous Louis XVI, qui quittait son lit à sept ou huit heures du matin, le lever était à onze heures et demie, à moins que des chasses ou des cérémonies n’en avançassent l’instant […].
C’était à l’heure du lever que se rendait au château la foule des courtisans, soit de
Versailles, soit de Paris. Les uns venaient se faire remarquer, ceux-ci chercher un regard du prince, d’autres se répandaient ensuite dans les bureaux, chez les ministres, pour y solliciter des faveurs, souvent demander de l’avancement, et n’y obtenir que des refus ou de la hauteur […].
La foule enfin rassemblée, onze heures et demie sonnent. Peu de minutes après,
le roi sort de son intérieur en habit du matin et arrive dans la chambre de parade.
Un garçon de la Chambre se présente à la porte et crie à haute voix :
« la Garde-Robe, Messieurs ! » Alors se glissent les princes du sang, les grands officiers de la couronne, les officiers de la Garde-Robe, et les seigneurs qui ont obtenu les grandes entrées. De ce nombre sont ceux qui ont présidé à l’éducation du roi.
La toilette commence ; le roi se chausse et passe sa chemise. Alors, la même voix rouvre la porte sur l’ordre du Premier gentilhomme de la Chambre, et demande :
« La première entrée ! » A cet appel, arrivent la Faculté, les valets de Garde-Robe hors de service et le porte-chaise d’affaires […].
Aussitôt que le roi n’a plus que son habit à passer, on appelle : « La Chambre ! »
Alors entrent tous les officiers de la Chambre, les pages, leur gouverneur, les écuyers, les aumôniers, enfin les courtisans admis aux grandes entrées dans la chambre, c’est-à-dire de l’OEil-de-Boeuf.
Le roi étant tout habillé, on ouvre les deux battants et on laisse entrer le reste des officiers, les étrangers, les curieux […] Le roi passe alors dans la balustrade qui entoure le lit, se met à genoux sur un coussin, et, entouré des aumôniers et du clergé, récite une courte prière ; après quoi, il écoute toutes les présentations, et entre dans le cabinet du Conseil, où ceux qui ont les entrées de la Chambre le suivent. Le reste de la foule va dans la galerie, attendre le moment où le roi sortira pour aller à la messe. »
Comte de France d’Hézecques, Félix, Souvenirs d’un page de la cour de
Louis XVI, Paris, Gérard Monfort, 1998, p.161-165.

1789
6 octobre - La Cour quitte Versailles.
Le 5 octobre, les émeutiers parisiens, rejoints par les troupes du marquis de La Fayette, ont marché sur Versailles. Après l'invasion du château par la foule et le massacre des gardes du corps, le Roi, la Reine et la famille royale sont contraints de quitter Versailles pour s’installer à Paris, au palais des Tuileries.

1836 - Dans le cadre des travaux de réfection du château prescrits par Louis-Philippe Ier, une statue équestre de Louis XIV est érigée dans la cour d'honneur du château. Le cheval est l'oeuvre de Pierre Cartelier. Il est dû à une ancienne commande de Louis XVIII, en 1816, pour une statue équestre de Louis XV prévue place de la Concorde, qui ne sera jamais réalisée. Le cavalier, Louis XIV, est l'oeuvre de Louis Petitot, gendre de Cartelier. Cette statue sera démontée en février 2006 à l'occasion de la reconstruction de la grille royale de cette cour. Une fois restaurée, elle sera remontée le 21 avril 2009 sur la place d'Armes du château de Versailles, c'est-à-dire directement devant le château.