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dimanche 15 janvier 2012

Rococo et néoclassicisme au XVIIIe siècle

Le rococo
Antoine Watteau (1681-1721), Mezettin, 1717-1719, Metropolitan Museum of Art, New York.

François Boucher (1703-1770), Les Charmes de la vie champêtre, 1737, Musée du Louvre, Paris.


Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), La Déclaration d'Amour, 1771,Frick Collection, New York.

Origine du terme rococo: Ce serait des peintres néoclassiques qui à la fin du XVIIIe siècle auraient qualifié le style du XVIIIe siècle de rococo. Ce mot viendrait d’une association du mot français rocaille, qui désigne une ornementation imitant les rochers et les pierres naturelles et la forme incurvée de certains coquillages et du mot italien baroco : « baroque ». Le terme rococo garda longtemps son aspect péjoratif avant d’être accepté par les historiens de l’art vers le milieu du XIXe siècle et d’être considéré comme un mouvement artistique européen à part entière.
Le style rococo est volontiers ostentatoire. C'est un style qui s'épanouit dans la décoration intérieure des appartements de la noblesse et de la bourgeoisie. Il se caractérise par la fantaisie des lignes courbes et asymétriques rappelant les volutes des coquillages ou bien les feuillages, le recours aux teintes claires issues de matières luxueuses (ivoire, or), la mulitplication des motifs mêlant fleurs, feuilles, fruits, rubans, l'inspiration exotique (Chine, Perse, Empire Ottoman). Il traduit la volonté de rupture avec la rigueur de l'art classique ou l'exaltation religieuse de l'art baroque. C'est un art de la légèreté, de la frivolité, du luxe, du plaisir.

La sculpture au XVIIIe siècle
Quel grand sculpteur français du XVIIIe siècle a laissé son nom à une place mondialement connue de Paris ? On peut admirer une de ses œuvres réalisée en 1776 et présente à Notre-Dame de Paris, le mausolée du Comte d’Harcourt (mort en 1769).
Il s'agit de Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785).


Jean-Baptiste Pigalle, mausolée du Comte d'Harcourt, 1776, Cathédrale Notre-Dame de Paris.

À l’une des extrémités du sarcophage, l’ange tutélaire du comte Henri-Claude d’Harcourt qui, voyant venir la comtesse d’Harcourt, lève la pierre du tombeau ; le comte qui, après avoir paru reprendre un moment de vie à la chaleur de son flambeau, se débarrasse de son linceul et tendra à son épouse ses bras décharnés languissant d’être réunis de nouveau... Derrière le comte se tient la mort tenant un sablier pour montrer à la comtesse que son heure est venue. La comtesse, au bas du sarcophage, exprime par son attitude l’impatience qu’elle a de se réunir à son époux (elle décèdera en 1780 et sera inhumée dans cette chapelle).

L'Architecture au XVIIIe siècle

Complétez le tableau consacré à des édifices construits au XVIIIe siècle.


Le Petit Trianon : un des chefs d'oeuvre de l'architecture néoclassique naissante.


Le Panthéon est lui aussi de style néoclasssiue.
Le néoclassicisme
Citez le nom d’un grand peintre du néoclassique et d’un de ses tableaux qui s’inspire de l’histoire romaine. Quelle valeur met-il en avant dans ce tableau.

Jacques-Louis David (1748-1725), Le serment des Horaces, 1784-1785, Musée du Louvre, Paris.

Commencé à la fin du règne de Louis XV et s'épanouissant ous le règne de Louis XVI, le néoclassicisme constitue une rupture avec la légèreté et la frivolité du rococo. Ce style dans la peinture, l’architecture et la sculpture s’inspire du style antique gréco-romain (temple grec par exemple). La peinture néoclassique privilégie les sujets antiques, historiques valorisant une attitude civique.

mardi 29 novembre 2011

Les arts, acteurs et témoins de l'histoire au XVIIIe siècle

Les arts, acteurs et témoins de l'histoire

I - Voici six tableaux qui recoupent le programme. Saurez-vous retrouver les auteurs en vous aidant des indices qui accompagnent chacun des tableaux.

1 – Le peintre qui a réalisé ce tableau est considéré comme l’initiateur du mouvement rococo qui commence sous la Régence (1715-1723). Il montre des amoureux sur l’île de Cythère. Dans l'Antiquité, l'île de Cythère, située dans les îles grecques de la mer Égée, abritait un temple dédié à Aphrodite, déesse de l'amour : ses eaux auraient vu naître la déesse. L'île représente donc le symbole des plaisirs amoureux. On voit la statue de la déesse, le carquois de flèches du dieu Cupidon au pied de la statue, les petits amours voltigeant dans le ciel, le coquillage sur le bateau symbolisant le lieu de naissance de Vénus. Ce peintre inaugure cette peinture de la fête galante qui caractérisera son œuvre.
C'est Antoine Watteau qui a peint ce tableau, Le pélerinage à l'Ile de Cythère, réalisé en 1717.

2 – Elle est la favorite du roi Louis XV, elle influence toute sa politique entre 1749 et 1763, l’art à la Cour, et protège les écrivains et les artistes. Elle se fait représenter sur ce portrait en compagnie de l’Encyclopédie et de l’Esprit des Lois. Elle était l’amie de Diderot et de Voltaire même si sa relation avec le roi l’obligeait à être prudente dans son soutien. Elle avait les mêmes ennemis que les philosophes des Lumières : le parti dévot qui reprochait la relation adultère du roi et dénonçait les idées des philosophes. Ce tableau achevé en 1755 figure au Louvre.
Il s'agit d'un portrait de Madame de Pompadour, réalisé par Maurice Quentin de la Tour, et achevé en 1755. Ce tableau peut être admiré au musée du Louvre.

3 - Son auteur n’est pas classé dans le courant rococo. Il s’illustre par des natures mortes, des scènes de la vie quotidienne du peuple ou de la petite bourgeoisie que l’on appelle des scènes de genre. Pourtant c’est l’un des peintres les plus célébrés de son temps, Catherine II de Russie et Frédéric II de Prusse lui ont acheté des tableaux. Le tableau représenté ici n’est pas tout à fait une nature morte puisque le chat à droite est bien vivant contrairement à la raie qui est accrochée au mur au centre. C’était le peintre préféré de Diderot (il avait 15 ans lorsqu’il fut achevé). Le tableau est actuellement au Louvre.
Il s'agit du célèbre tableau de Jean Siméon Chardin, La Raie, présenté en 1728 et que l'on peut voir actuellement au musée du Louvre.

4 - Ce peintre fut considéré comme le peintre de l’élégance nobiliaire et des intérieurs rococo. Il montre ici une famille de la noblesse ou de la bourgeoisie, prenant le café, produit de luxe importé avec les navires du commerce triangulaire et qui fit, avec le sucre, la fortune des îles esclavagistes des Antilles. Ce tableau figure au Louvre.
Ce tableau s'appelle Le Déjeuner. Il a été peint par Franois Boucher en 1739 et on peut l'admirer au Louvre.

5 – C’est l'un des tableaux les plus célèbres au monde et il a été reproduit à de multiples exemplaires (peintures, posters). Comme le peintre précédent, son auteur appartient au mouvement rococo (ou rocaille) qui caractérise la peinture française au XVIIIe siècle. Ce courant artistique rejetait les sujets religieux ou politique de la peinture baroque, lui préférant la vie de cour, les portraits des contemporains illustres, les scènes de la vie quotidienne de la haute société, des scènes érotiques ou les sujets mythologiques. Ce tableau de 1772 figure au National Galery of Art à Washington.
Ce merveilleux tableau s'appelle La Liseuse. Il a été peint entre 1770 et 1772 par Jean-Honoré Fragonard et il est exposé à la National Galery of Art de Washington.

6 – Avec ce peintre, c’est le retour au sujet historique, civique et inspiré par l’Antiquité. Pour cela, on appellera le mouvement qu’il incarne, le néoclassicisme. Ce tableau montre un épisode de l’histoire romaine, le combat singulier entre les frères Horace représentant Rome et les frères Curiace représentant Albe. Il montre le serment prêté par les trois frères Horace devant leur père de vaincre ou mourir. C’est un tableau qui exalte les vertus patriotiques, valeurs en hausse quelques années avant la Révolution. Le tableau est au Louvre.
Ce tableau a été peint par Jacques-Louis David en 1786. Il peut être admiré au musée du Louvre.
II - Les peintres refont l’histoire : voici deux grands tableaux qui se veulent des témoignages historiques. Ils mobilisent chacun des dizaines de personnages historiques. Répondez aux questions qui suivent leur description.

Lecture de la tragédie de Voltaire, l’Orphelin de la Chine, dans le salon de Mme Geoffrin en 1755, par Anicet Charles Gabriel Lemonnier, 1812, Château de Malmaison.
1
– Ce tableau représente une soirée chez Madame Geoffrin en 1755, lorsque fut lut pour la première fois en public une pièce de Voltaire, L’Orphelin de la Chine. Il s’agit d’une reconstruction imaginaire car le peintre avait environ 12 ans au moment des faits. Il le réalisa en 1814 à la demande de l’ex-impératrice Joséphine de Beauharnais.
Le peintre a réuni toutes les personnalités célèbres qui auraient pu fréquenter le salon : Diderot, Montesquieu, D’Alembert, Buffon, Marivaux, l’abbé Raynal, Rousseau, Quesnay, etc. Un seul n’est pas présent en chair et en os ce soir-là, selon le peintre. Qui et pourquoi ?
C'est Voltaire, pourtant héros de la soirée, qui n'est pas présent ce soir-là. Il est seuleemnt représenté par son buste. Voltaire vit alors près de Genève depuis qu'il a quitté la cour de Frédéric II à Berlin. Il achètera ensuite le domaine de Ferney, en France mais près de la frontière franco-suisse. Il ne reverra Paris qu'en 1778, quelques semaines avant sa mort.

Le Serment du Jeu de paume, Jacques-Louis David, Dessin préparatoire, 1791, Musée du château de Versailles.
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– Ce dessin constitue l'esquisse du tableau inacheveé du peintre néoclassique, Jacques-Louis David. Les députés du tiers-état aux états-généraux se sont proclamés Assemblée Nationale le 17 juin. Le 20 juin 1789, trouvant la porte fermée de la Salle des Menus-Plaisirs où se tenaient les états-généraux, ils se réunissent dans la salle du jeu de paume de Versailles. Là, ils prêtent serment de ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution au royaume.
Entourer le nom de ceux qui étaient présents ce jour-là :
David, l’abbé Grégoire, Robespierre, Danton, Bailly, Mirabeau, Guillotin, Condorcet.
L'abbé Grégoire, Robespierre, Bailly, Mirabeau et Guillotin, tous députés du tiers aux états généraux , étaient présents ce jour-là.

Portrait de Mozart par Joseph Lange. C’est un portrait inachevé quand Mozart a environ 26 ans (1782). Musée Mozart de Salzbourg.
III - Saurez-vous complétez ces éléments de la biographie du grand compositeur Wolfgang Amadeus Mozart?
Il est né à Salzbourg en 1756. Avec son père, Léopold, il effectue une tournée en Europe et il rencontre, à Versailles le roi Louis XV , la reine Marie Lesczynska et Madame de Pompadour en décembre 1763. Mozart compose en 1782 pour l’empereur d’Autriche Joseph II L’Enlèvement au sérail. En 1784, il adhère à une société secrète, la franc-maçonnerie. En 1786, Mozart compose un opéra d’après une pièce, pourtant interdite en Autriche, les Noces de Figaro de Beaumarchais. L’empereur Joseph II a permis à Mozart de composer cette pièce mais elle est rapidement retiré de l’affiche malgré le succès. Dans cette pièce, Beaumarchais se sert du monologue du valet Figaro pour attaquer violemment la noblesse : « Qu’avez-vous fait pour tant de biens ? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus... » Mozart, prudemment, avait enlevé les allusions politiques. Mozart compose ensuite Don Giovanni, un opéra inspiré en partie par la mort de son père, Léopold, en 1787. En 1790, Mozart perd son principal soutien avec la mort de l’empereur Joseph II. Son successeur, Léopold II, n’apprécie guère le tempérament frondeur du jeune compositeur. Mozart compose en 1791 sa dernière œuvre, un Requiem (messe des morts) commandé par un inconnu. Mozart n’est pas un auteur maudit, il a du succès, de l’argent mais il dépense encore plus ce qui explique ses dettes et sa condition de pauvreté quand il meurt soudain en 1791, à l'âge de 35 ans.

IV – Quelle est cette famille représentée sur ce tableau peint par Madame Elisabeth-Vigée-Lebrun en 1787 et qui est actuellement au château de Versailles.
Marie-Antoinette :
Elle est reine de France après son mariage avec le dauphin Louis en 1770, devenu Louis XVI en 1774. Ils ont alors 20 et 18 ans. Volontiers frivole et dépensière, elle tombe dans le piège de l’affaire du Collier (1785), qui va la déconsidérer auprès du peuple. Elle est violemment critiquée par la Cour et l’opinion, appelée l’Autrichienne, car elle est la fille de l’empereur François-Joseph Ier et de l’impératrice Marie Thérèse, de la dynastie des Habsbourg. Dès lors, les drames se succèdent : elle perd sa fille , Madame Sophie âgée de 11 mois (le berceau vide dans le tableau) en 1787, son fils, le « petit dauphin » (l’enfant qui montre le berceau vide) âgé de 8 ans, un mois après l’ouverture des états-généraux. Le 5 octobre 1789, la foule fait irruption dans le château de Versailles et ramène le monarque et sa famille à Paris le lendemain. La fuite de la famille royale, interceptée le 21 juin 1791 à Varennes, déclenche la tourmente révolutionnaire. Le 10 août 1792, le château des Tuileries où résidait le roi est pris par les sans-culottes et les fédérés, les gardes du roi (les Suisses) massacrés ou emprisonnés. Louis XVI est déchu de son titre et la famille royale est emprisonnée dans la prison du temple alors que se déchaîne la violence révolutionnaire (massacres de septembre 1792). Le roi, jugé et condamné à mort est guillotinné le 21 janvier 1793. La reine comparaît devant le tribunal révolutionnaire présidé par l’accusateur public Fouquier-Tinville. Elle est condamnée à mort et exécuté le 16 octobre 1793 pour haute trahison. Son dernier fils (reconnu comme Louis XVII par les royalistes et dénommé comme tel dès la Restauration) meurt à l’âge de 10 ans dans des conditions demeurées obscures à Paris en 1795 (c’est l’enfant que tient la reine dans ses bras). Seule survivra Marie-Thérèse-Charlotte. D’abord emprisonnée avec Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI (guillotinée en mai 1794), elle sera ensuite échangée contre des prisonniers français aux Autrichiens en décembre 1795. Elle suivra le destin des Bourbons émigrés jusqu’à la Restauration (1815-1830) puis de nouveau exilé après 1830 (Révolution des Trois-Glorieuses) jusqu’à sa mort en 1851 en Autriche. Elle sera inhumée aux côtés des derniers Bourbons dans le monastère de Kostanjevica, dans l’actuelle Slovénie (autrefois en Autriche).

mardi 22 novembre 2011

La France et l'Europe au XVIIIe siècle

La France au début du XVIIIe siècle.

Hyacinthe Rigaud, portrait de Louis XIV en tenue de sacre, 1701,Musée du Louvre, Paris.
En 1701 Hyacinthe Rigaud réalise le portrait de Louis XIV destiné à Philippe (le roi a 63 ans). Le monarque et le principe royal s’identifient dans ce tableau, peint en 1701, exposé au salon de 1704 et destiné à être offert au jeune roi d’Espagne Philippe V, petit-fils de Louis XIV. Mais le roi fut si content de son portrait qu’il le garda, le fit placer dans la salle du trône et en commanda une copie qu’il envoya à Madrid.
Sur ce tableau, Louis XIV tient le sceptre d’or d’Henri IV fondateur de la dynastie des Bourbons et le peintre a représenté les célèbres ornements du sacre de 1654 qui se trouvent encore aujourd’hui au Louvre parmi les joyaux de la Galerie d’Apollon : la couronne, la main de justice de Charles V et l’épée de Charlemagne, la « Joyeuse » de la légende. Ce tableau haut de 2,79 m, représente le roi plus grand que nature, participe à l’élévation de sa personne. Le roi porte le costume du sacre (déjà vieux d’un demi-siècle).
De Louis XIV à Louis XV
1
- Le gouvernement de la France s’est établi avec Louis XIV à Versailles en 1682.
2 - Le règne de Louis XIV prend fin le 1er septembre 1715 après 72 ans de règne. Son règne a vu se renforcer la monarchie absolue de droit divin.
3 - Louis XIV et ses successeurs se considèrent comme les Lieutenants de Dieu dans leur royaume.
4 - Louis XIV a eu six enfants mais un seul à dépassé 5 ans. C’est le dauphin. Cela montre la faible espérance de vie à l’époque, y compris dans les plus riches familles royales.
5 - Louis XV n’est pas le fils de Louis XIV. Le fils de Louis XIV, appelé le dauphin, est mort en 1711. Il était le fils unique de Louis XIV.
6 - Louis XV n’est pas le petit-fils de Louis XIV. Son petit-fils est devenu roi d’Espagne. Il a fondé la branche espagnole des Bourbons. En 2011, l’actuel roi d’Espagne, Juan Carlos Ier, est donc un descendant de Louis XIV.
7- Louis XV est donc l’arrière petit-fils de Louis XIV. Louis XV est le fils d’un petit-fils de Louis XIV.
8 - Louis XV est très jeune à la mort de Louis XIV. Il a cinq ans. C’est donc une Régence qui gouverne à sa place.
9 - Le Régent est Philippe d’Orléans. Il est le neveu de Louis XIV car il est le fils de Monsieur, Philippe de France, frère de Louis XIV.
10 - La Régence dure de 1715 à 1723. Le Régent Philippe d’Orléans gouverne à Paris car il n’aimait pas Versailles. Mais en 1722, face à son impopularité à Paris, il décide de revenir à Versailles. La Cour s’y établit. Elle ne quittera plus Versailles jusqu’en 1789.

L’Europe au XVIIIe siècle.

Les armoiries des rois d'Espagne.
Elles figurent encore sur le drapeau espagnol. Au milieu des symboles des "royaumes historiques" (château d'or de la Castille, lion pourpre de Leon, bandes verticales rouges et or de l'Aragon, chaînes d'or convergeant vers l'émeraude de Navarre, et grenace du royaume du même nom) figurent les trois fleurs de lys des Bourbons, la devise de Charles Quint (Plus Oultre entre les colonnes d'Hercule ou détroit de Gibraltar). C'est un résumé symbolique de l'histoire de l'Espagne et des Bourbons.

1 - L’Europe est dominée par des régimes politiques monarchiques.
2- Une famille qui règne sur un pays s’appelle une dynastie. Voici quelques grandes dynasties européennes – Quels royaumes gouvernent-elles ? (une même dynastie peut gouverner plusieurs royaumes). – rétablissez les liens ci-dessous entre dynasties et royaumes.
Bourbons : France et Espagne (depuis 1701)
Romanov : Russie (depuis 1613)
Habsbourg : Autriche
Hanovre : Royaume-Uni (depuis 1714)
Hohenzollern : Prusse(leur Etat est un royaume depuis 1701)

3 - Au début du XVIIIe siècle, le traité d’Utrecht (1713) qui met fin à la guerre de Succession d’Espagne, ne met pas in à la rivalité franco-anglaise. Il fait de l'Angleterre la première puissance européene.
4 - Les Français perdent des territoires en Amérique du Nord dont Terre-Neuve et surtout l’Acadie.5 - L’Acadie devient la Nouvelle-Ecosse et les Anglais y favorisent l’immigration britannique. Après un demi-siècle de brimades, les Anglais expulseront les habitants français de l’Acadie (ou Acadiens) de leur terre à partir de 1755. Cette déportation brutale a été appelée par les Acadiens le Grand Dérangement.
Le Siècle des Lumières

La marquise de Pompadour par Maurice Quentin de La Tour (1748-55), Paris, Musée du Louvre.
Jeanne-Antoinette Poisson, devenue la Marquise de Pompadour, était la maîtresse du roi Louis XV depuis 1745 jusqu'en 1751, et une des plus belles femmes de son temps. Elle restera l'amie et la conseillère du roi jusqu'à sa mort.L'oeuvre de Quentin de la Tour, commandée en 1749 par la marquise, est achevée en 1754. Elle sera exposée en 1755. La marquise a 34 ans et est au sommet de sa beauté. Belle robe "à la française" en soie, décorée de rameaux stylisés de feuillages dorés, qui contraste avec la sobriété de la coiffure et l'absence de bijoux qui rappellent que la Marquise est dans son cadre privé, sans soucis (ou besoin) de paraître.
Elle s'illustra aussi comme mécène, par ses commandes auprès des artistes. Elle est à l'origine de la création de la manufacture de porcelaine de Sèvre. La Marquise aimait être représentée par des portraits livre en main, à côté d’un globe ou feuilletant une partition de musique. Elle soutint les "philosophes" mais sans jamais se facher avec le roi. Elle détestait le parti dévot (catholique fanatique) car il dénonçait aussi durement l'Encyclopédie que sa liaison avec Louis XV. On peut voir ici l'Encyclopédie (autorisée de nouveau depuis 1752) et l'Esprit des Lois de Montesquieu. Il fallait de l’audace à madame de Pompadour pour s’afficher protectrice d’auteurs récusant le principe de la monarchie absolue, alors incarnée par Louis XV dont elle était la maîtresse puis la conseillère.
Le mouvement des Lumières
1
- Le mouvement des Lumières naît en France après la mort de Louis XIV (1715).2- Les philosophes des Lumières veulent sortir les hommes des « ténèbres » et les éclairer à la lueur de la raison.

Qui a dit ?
3- « La toute puissance vient de Dieu. Les Princes agissent comme Lieutenant de Dieu sur la Terre. » - Bossuet, Politique tirée des propres paroles de l'Ecriture Sainte, 1670.
4- « Toute puissance, toute autorité, résident dans la main du Roi » - Louis XIV, Mémoires rédigés pour l'éducation du dauphin, 1668.
5- « Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres » - Diderot, article "Autorité politique" L'Encyclopédie, 1765.
6- « La puissance législative appartient au peuple et ne peut appartenir qu’à lui. » Rousseau, Le Contrat Social, 1762.
7 - « L’égalité naturelle est le principe et le fondement de la liberté. Tous les hommes naissent, croissent, subsistent et meurent de la même manière. », Le Chevalier de Jaucourt, article "Egalité naturelle", L'Encyclopédie vers 1750.
8 - « Une religion qui tolérerait toutes les autres serait capable de faire du genre humain un peuple de frères », Voltaire, Traité sur la Tolérance, 1763.
9 - « Nul homme ne peut être accusé, arrêté ni détenu que dans les cas déterminés par la loi et selon les formes qu’elle a prescrites. », Cesare Beccaria, Des délits et des peines, 1764-1766.
10 - « Lorsque dans la même personne ou dans le même corps de magistrature, la puissance législative est réunie à la puissance exécutrice, il n'y a point de liberté, parce qu'on peut craindre que le même monarque ou le même sénat ne fasse des lois tyranniques pour les exécuter tyranniquement. », Montesquieu, De l'Esprit des Lois, 1748.
La traite des esclaves

La maison des esclaves à Gorée. Gorée est une petite île, longue de 900 m et large de 300 m, à trois kilomètres au large de Dakar. C'est un lieu symbole de la mémoire de la traite des esclaves en Afrique, il est distingué à ce titre par l'UNESCO. C'est là qu'étaient acheminés des esclaves, capturés par des rois africains esclavagistes avant d'être vendus aux marchands d'esclaves, anglais et français, qui les convoyaient ensuite vers le continent américain. Ce type d'avant-port esclavagiste étaient très nombreux sur la côte occidentale africaine (Saint-Louis, Ile James sur le fleuve Gambie, Ouidah au Bénin).

1- Après la traite antique dans l’antiquité et la traite musulmane au Moyen Age, la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492, entraîne le développement de la traite atlantique.
2 – Les victimes de la traite musulmane et de la traite atlantique sont les Africains noirs.
3 - Citez le nom d’un esclave qui s’est révolté contre l’Empire romain entre – 73 et – 71 et qui est mort courageusement les armes à la main : Spartacus.
4 – Citez une grande révolte des esclaves africains dans la région de Bassorah (Irak) au IXe siècle : la révolte des Zanj qui dura de 869 à 883 dans les marais du Chatt-el-Arab. Il fallu plusieurs armées arabes pour y mettre fin.
5 – Les navigateurs portugais sont les premiers en 1441 à pratiquer la traite entre l’Afrique et leurs colonies (Madère mais aussi Lisbonne).
6 – Le pape Nicolas V légalise l’esclavage des Africains à la demande du roi du Portugal. C'est un tournant historique pour l'Eglise qui, depuis la fin de l'Antiquité, était peu favorable à l'esclavage.
7- Après la colonisation de l’Amérique par les Espagnols, le moine dominicain Bartolomé de Las Casas condamne l’esclavage des Indiens.
8 - Il obtient du roi d’Espagne, Charles Quint, l’interdiction de mettre en esclavage les Indiens en 1526 (la mesure est peu appliquée).
9 – Lors de la controverse de Valladolid (Espagne) en 1551, Bartolomé de Las Casas démontre que les Indiens ont une âme et qu’on ne peut les réduire en esclavage. L’envoyé du pape (ou légat) encourage alors l’esclavage des Africains.
10 – Les Européens créent des compagnies de commerce qui encouragent le développement des cultures coloniales dans les territoires qu’ils contrôlent : café, cacao, canne à sucre, tabac.