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vendredi 8 mai 2009

Document : les grands foyers de peuplement dans le monde

Carte des grands foyers de peuplement































































     
  La distribution spatiale de la population mondiale est irrégulière et discontinue: 70% des hommes se concentrent sur 10% de la superficie de la planète. 60% des hommes vivent à moins de 60 km des côtes.
  Les deux principaux foyers de peuplement sont l’Asie de l’est : 1,5 milliard et le sous-continent indien : 1,5 milliard. A eux deux ils totalisent près de 46% de la population mondiale…L’Europe (hors Russie) : 583 millions constitue le troisième grand foyer de peuplement au monde.
Enfin, il est possible de distinguer 6 ou 7 foyers de peuplement secondaires.
  Globalement, la densité des surfaces terrestres est faible : 46 hab/km². Mais cela n’a pas grande signification car ce n’est qu’une moyenne qui ne traduit pas la réalité vécue par les hommes.
Les hautes latitudes (régions froides de l’hémisphère nord et sud), les milieux arides des régions intertropicales et les forêts équatoriales sont largement vides d’hommes.














Document - La transition démographique













La transition démographique : période de fort accroissement naturel provoquée par le passage d’un régime démographique traditionnel de forte natalité et de forte mortalité à un régime moderne de faible natalité et de faible mortalité.
L'état intermédiaire (avec une faible mortalité et une natalité qui reste élevée correspond au pic de la croissance démographique.

Les pays d'Afrique intertropicale sont dans la première phase de la croissance démographique (baisse de la mortalité et natalité élevée), des pays comme l'Inde dans la deuxième (faible mortalité et natalité en baisse).
Les pays riches et industrialisés ont achevé leur transition démographique ainsi que de nombreux pays en voie de développement (Chine, Vietnam, Tunisie, Cuba). La France a sa transition démographique de façon précoce en un siècle. La Chine l'a effectué en trente ans (1970-2000).

Document - La croissance de la population mondiale

Carte de l'accroissement naturel en 2006















La carte nous montre :

Des pays ayant achevé leur transition démographique avec une faible croissance
- pays du nord (Amérique du Nord, Europe de l’Ouest, Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande)
- pays du sud : Tunisie, Chine, Argentine, Chili, Thaïlande, Malaisie.

Des pays en phase d’achèvement de leur transition démographique (forte baisse de la natalité) :
- pays du Maghreb, Egypte, Iran, pays d’Asie du sud comme l’ Inde, l’Indonésie, le Vietnam, pays d’Amérique du Sud comme le Brésil.

Aux deux extrêmes :

- des pays avec un accroissement naturel négatif (le nombre des naissances est inférieur au nombre des décès) du à un nombre très élevés de décès. Les pays d’Europe de l’Est dont la Russie qui ont achevé leur transition démographique ont un très faible nombre de naissances et connaissent une baisse de l’espérance de vie du fait de la dégradation des conditions sanitaires, économiques et sociales. Mais aussi des pays d’Afrique austral :avec des naissances en baisse et des décès qui restent très élevé en nombre du fait des épidémies (l’épidémie de Sida surtout).

- des pays au début de leur transition démographique (forte natalité, baisse de la mortalité) avec fort accroissement naturel : pays d’Afrique intertropicale, pays du Moyen Orient (Arabie saoudite), pays d’Asie orientale comme le Pakistan et l’Afghanistan.

Document - Des populations plus jeunes au Sud

Carte de la fécondité dans le monde en 2006
source : World Population Data Sheet














Carte: part des moins de 15 ans par rapport à la population totale en 2005
Source: la Documentation Française


















Les cartes témoignent de la situation démographique des pays du Nord et du Sud.

Les nords
Dans les pays riches et industrialisés, la transition démographique est achevée. Ces pays se caractérisent par :
- de faibles taux de natalité, de mortalité et de mortalité infantile.
- un indice de fécondité inférieur à 2, 1 (seuil de renouvellement des générations).
- un accroissement naturel faible (natalité – mortalité).
- une espérance de vie forte (autour de 75 ans).
- vieillissement de la population.


Les sud
Les pays en voie de développement présentent des traits communs :
- des populations jeunes.
- un recul de la mortalité dû à une meilleure alimentation et aux progrès médicaux et sanitaires.
- une mortalité infantile qui reste élevée.
- une espérance de vie en moyenne plus faible (autour de 63 ans).

Pourtant, on observe aujourd’hui d’importantes différences entre les pays en voie de développement.
En Afrique intertropicale, ainsi qu’au Moyen Orient, la natalité reste très élevée. La fécondité est en moyenne de 5 enfants/femme. On est dans la première phase de la transition (voir schéma ci-dessus). La pauvreté, le poids important de la religion et les traditions favorisent les mariages précoces et les familles nombreuses. La population est encore très jeune.

Dans le sous-continent indien, en Amérique centrale et dans l'Amérique andine, la croissance démographique baisse lentement (autour de 3 enfants/femme) et la population reste assez jeune.

Inversement, dans de nombreux pays d’Asie, en Afrique du Nord, et dans le reste de l' Amérique Latine, la natalité a fortement diminué et se rapproche des situations observées dans les pays du nord. La fécondité est passé sous le seuil de reproduction des générations (2,1). La population croît moins vite.

Certains pays comme la Chine ou le Vietnam ont mené des politiques de limitation des naissances très autoritaires et ont achevé leur transition démographique. Des pays comme la Tunisie ont mené des politiques de planning familial moins brutal mais tout aussi efficace. Le pourcentage des jeunes a diminué.

Documents - La politique de l'enfant unique en Chine

La politique de l’enfant unique en Chine : affiche de propagande.
« Un seul enfant favorise les Quatre modernisations » (agriculture, industrie, défense, technologie), proclame cette affiche de propagande de 1978, au moment où la Chine adopte la politique de l’enfant unique.


















Afin de contrôler la démographie du pays, le gouvernement de la République populaire de Chine a lancé deux politiques majeures de contrôle des naissances : la politique du wan-xi-shao (littéralement «mariage tardif, naissances peu rapprochées et peu nombreuses »), lancée au début des années 1970 et la politique de l'enfant unique, mise en application en 1979. La fécondité chinoise a fortement chuté entre 1970 et 1978, passant de 5.75 à 2.75 enfants par femme ce qui montre que la politique démographique précédente (wan-xi-shao) fut particulièrement efficace.

Toutefois, en raison d'une fécondité particulièrement élevée lors des années natalistes, le nombre de femmes en âge de procréer devait progresser jusqu'au début des années 1990, et la natalité demeurer très élevée pendant encore plusieurs décennies.



La politique de l'enfant unique
En 1979, le régime décida alors d’accentuer l’effort antinataliste avec la politique de l’enfant unique. Les motivations du dirigeant Deng Xiao Ping restent aujourd’hui discutées : crainte de la surpopulation, volonté d’améliorer le niveau de vie et d’éducation de la population ou de consacrer les ressources du pays à l’investissement économique.

Des pénalités frappaient les naissances illégales : fortes amendes, non délivrance du hukou (permis de transport et de déplacement vers les villes, fixant aussi la gratuité des transports et de la scolarité).

Des résultats spectaculaires
Les résultats sont spectaculaires : l’indice de fécondité est aujourd’hui officiellement de 1,7 enfant par femme (contre 2 en France). Désormais la richesse par habitant progresse plus vite que la population. C’est la fin de la période des famines meurtrières qu’a connu la Chine jusqu’aux années 1960. Aujourd’hui, la politique démographique est sans doute une des causes de la montée en puissance de la Chine devenue 3e puissance mondiale en 2008. Enfin toujours pour limiter les naissances, d’autres mesures existent : la Constitution chinoise limite les mariages en imposant l'âge minimal de 22 ans pour les hommes et de 20 ans pour les femmes (contre 18 ans en France pour les deux sexes). En retardant la formation des foyers, elle espère réduire la période de fécondité donc le nombre de naissances par femme.
Des conséquences graves pour les femmes.

Cependant, il faut aussi souligner les aspects négatifs de cette politique. La loi a eu des conséquences graves pour les femmes : des politiques autoritaires de stérilisation et d’avortement forcées ont parfois été pratiquées (dans le Shandong en 2005, des fonctionnaires ont été sanctionnés pour ce genre de pratique). D’autre part, la préférence donnée aux garçons par les familles a entraîné avortements et infanticides en très grand nombre. Aujourd’hui, le sex-ratio (% hommes/femmes) en Chine est l’un des plus déséquilibrés du monde (51,5% d’hommes pour 48,5% de femmes). En effet, les garçons sont favorisés pour les successions et professionnellement. Une jeune femme qui épouse un homme devra s’occuper d’abord de sa belle-famille. La naissance d’une fille dans le contexte de l’enfant unique prive sa famille d’avoir un garçon. L’avortement sélectif qui s’est développé, et la maltraitance expliquent le déficit du nombre des naissances de filles. La mortalité infantile des garçons est de 26 pour 1000 contre 39 pour 1000 (la mortalité infantile des filles a augmenté alors que globalement, elle a baissé en Chine).

Une politique inégalitaire
La politique de l’enfant unique est aussi inégalitaire. Elles ne concernaient pas les minorités, seulement les Han. D’autre part, elles pénalisaient les plus pauvres, puisque les plus riches pouvaient payer les amendes. Enfin une nouvelle loi en 2002, permet la naissance légale d’un second enfant contre le versement d’une importante somme d’argent. Cela favorise les riches (ces mesures ressemblent beaucoup à une forme d’eugénisme, visant à limiter le nombre d’enfants dans les familles pauvres plus que dans les familles riches, pratique officialisée dans la cité-Etat de Singapour). On peut noter aussi que la volonté d’avoir le nombre d’enfants désirés et pas imposés, fait partie des motivations des Chinois qui émigrent à l’étranger.

La population chinoise tend aussi à vieillir fortement. En Chine, les temps seront durs pour les personnes âgées en l’absence de système de retraites très développés et avec peu d’enfants pour les soutenir.

La pyramide des âges de la Chine en 2000.

















Qu’observe-t-on ?- génération des 40-44 ans : un déficit des naissances dû à la politique communiste du « Grand Bond en avant » (1959-1961) qui fit des millions de morts.
- génération des 30-39 ans : l’explosion démographique quand le régime en pleine fièvre révolutionnaire (le printemps de Pékin) rejette toute idée de limitation des naissances.
- génération des 20-29 ans : la baisse de la fécondité due à la première politique de limitation des naissances lancée au début des années 1970.
- génération des 10-19 ans : malgré la politique de limitation des naissances, le nombre de naissances augmente très fortement car la génération née très nombreuses durant le printemps de Pékin, passe à « l’âge de la fécondité » (INED). Cette augmentation des naissances explique aussi le « tour de vis » du régime chinois qui met en place la politique de l’enfant unique en 1979.
- génération des 0-9 ans : baisse très importante du nombre des naissances à partir de la politique de l’enfant unique.
- on observe aussi le déficit du nombre des naissances de filles (autour de 4,5 millions) par rapport au nombre de naissances de garçons (5 millions).



La fin de la politique de l'enfant unique en Chine (1er janvier 2016)


En octobre 2015, le  Parti communiste chinois (PCC) a annoncé la « pleine mise en place d’une politique permettant à chaque couple d’avoir deux enfants comme réponse active au vieillissement de la population ». La mesure prend effet à partir du 1er janvier 2016.
Parfois présentée comme un cadeau du pouvoir politique relâchant son contrôle sur la vie privée des citoyens, la fin de l’enfant unique est en réalité un impératif économique et social pour le pays.
Ces évolutions sont destinées à corriger l’inquiétant déséquilibre hommes-femmes (116/100 au sein d’une même génération) du pays et à enrayer le vieillissement de la population.
L’indice de fécondité y est aujourd’hui à 1,7 enfant par femme, en deçà du seuil de renouvellement des générations et bien plus bas que d’autres puissances émergentes, à commencer par l’Inde concurrente, actuellement à 2,5 enfants par femme en âge de procréer, chiffre qui représente également la moyenne mondiale.
Source : journal Le Monde



Documents - Politique de limitation des naissances et pyramide des âges

La pyramide des âges représente la répartition par sexe et par âge d'une population à un instant donné. Elle révèle d’un simple coup d’oeil la distribution de la population et les mouvements d'une société.
Apparence : Une pyramide des âges est constituée de deux histogrammes inversés et accolés : le nombre d'hommes, généralement à gauche, dans des tranches d'âge différentes, le côté droit montrant le nombre de femmes. Les tranches d'âges sont le plus souvent indiquées au centre et parfois sur le côté gauche, et les effectifs sont exprimées le plus souvent en chiffres et parfois en pourcentages.

La forme d'une pyramide des âges en dit long sur sa signification. Une base large (forme en parasol) indique une natalité élevée qui se poursuit. Une base qui se rétrécit indique une baisse importante de la natalité (forme en champignon).

Politique de limitation des naissances: l'exemple de la Tunisie

Pyramide des âges de la Tunisie en 2000 : forme en champignon.


Elle montre clairement la baisse très forte du nombre des naissances qui s’est accéléré ces dernières années. La pyramide voit sa base se rétrécir à partir des 15-19 ans. C'est-à-dire à partir des années 1980 (en 1981, l'indice de fécondité est de 5 enfants par femme). Le phénomène s'est amplifié de façon considérable dans les années 1990 (3,4 enfants par femme en 1993). En 2008, l'indice de fécondité est de 1,72 enfant/femme soit très en dessous du seuil de renouvellement des générations (2,1).
Au Maghreb, c’est l’évolution de la condition féminine qui est la première cause de la baisse des naissances : la Tunisie qui a achevé sa transition démographique, a mené des politiques très volontaristes en faveur de la scolarisation des femmes et de leur accès à l’emploi. Cela a favorisé les mariages plus tardifs (âge moyen qui était de 19 ans en 1956 pour les femmes est autour de 27/28 ans vers 2000) et la baisse du nombre d’enfants par famille. Enfin, depuis 1966, une politique de planning familial a été entreprise. La Tunisie est passé d’un indice de fécondité de 7 enfants par femme en 1966 à moins de 2 enfants par femme dans les années 2000. Ce pays commence à connaître un vieillissement modéré de sa population (alors que les moins de 15 ans représentaient la moitié de la population à l’indépendance, en 1956, il ne représente plus que 24% aujourd’hui). Quand à l’espérance de vie (à la naissance) qui était de 51 ans en 1966, elle est désormais de 75 ans. Cette évolution démographique est aussi en relation avec le développement économique de la Tunisie qui a fait d'elle un "petit dragon" africain et favorisé l'emploi des femmes. La Tunisie n’aura mis que trente ans pour accomplir le même chemin que la France en deux siècles.
Le Maroc et l’Algérie, avec moins de volontarisme, et plus de retard, connaissent la même évolution.


Comparaison avec la pyramide des âges du Pakistan : forme en parasol.
Ici, le maintien de fortes traditons religieuses, d’une population rurale importante et les difficultés de développement économiques expliquent que ce pays est encore dans la première phase de la transition démographique (forte natalité et baisse de la mortalité). D’où l’explosion démographique qui se poursuit comme le montre la pyramide des âges. La base large de la pyramide indique une natalité élevée (beaucoup de jeunes enfants) même si elle a considérablement baissé (l'indice de fécondité au Pakistan est passé de 6,3 enfants/femme en 1981, à 3,4 enfants /femme en 2008).
La pyramide rétrécit rapidement et montre un taux de mortalité élevé, particulièrement parmi les enfants.