samedi 8 octobre 2011

Paul Gaughin, le voyageur.

Paul Gauguin
Paul Gauguin, Arearea - Joyeusetés 1892, Paris, musée d'Orsay.



Paul Gauguin, Autoportrait, 1893, Paris, Musée d'Orsay.Paul Gauguin (1848-1903) est le fils du journaliste Clovis Gauguin qui écrivait dans le journal républicain Le National et de Aline Chazal, fille de Flora Tristan. Par sa mère, il descendait de propriétaires terriens espagnols d'Amérique du Sud, peut-être même d'un Vice-Roi du Pérou (Gauguin lui-même se réclamait d'origine Inca). Il a passé une partie de sa jeunesse à Lima, au Pérou, où son père s'était exilé après le coup d'Etat de Napoléon III. Le futur peintre choisit d'emblée une vie aventureuse, en s'embarquant comme novice sur un clipper à l'âge de 17 ans (1865) où il obtient le grade de Lieutenant. Puis c'est le service militaire dans la marine française, qu'il effectue de 1868 à 1870, qui semble conforter sa vocation de marin. Mais, en 1870, il change complètement de vie en devenant agent de change à la Bourse de Paris. Au début des années 1870, alors qu'il est devenu un riche bourgeois, il rencontre les peintres impressionnistes et participe au début du mouvement en s'adonnant à la peinture en amateur.
Paul Gauguin, La Seine au pont d'Iéna, 1875, Paris, Musée d'Orsay.
Gauguin devra à l'impressionnisme son sens de la lumière de plein air, la luminosité de ses couleurs, et son indépendance à l'égard des conventions.




Paul Gauguin: Les toits bleus à Rouen (1884), Collection particulière.
Quand la Bourse est touchée de plein fouet par la crise économique de 1882, Gauguin abandonne soudain son métier d'agent de change pour se consacrer à plein temps à la peinture. Son changement de situation financière entraîne aussi sa rupture avec son épouse et sa belle-famille danoise. Gauguin, au nom de son art, ne cessera par la suite de connaître des conditions de vie précaires, voire misérables. En 1886, Gauguin arrive à Pont-Aven, où il effectuera plusieurs séjours jusqu'à son départ définitif en Polynésie. Dans une Bretagne encore marquée par la religion catholique et les traditions, il rejoint les peintres de "l'école de Pont-Aven" qui ont pour point commun la fascination qu'exerce sur eux les paysages et les habitants de la côte bretonne. Sa peinture est très influencée par les estampes de l'art japonais popularisé par l' Expo Universelle de 1878, ainsi que par l’art indigène des territoires rencontrés.



Paul Gauguin, Vision après le sermon (lutte de Jacob avec l'ange),1888, Edinburgh, National Gallery of Scotland.
En 1887, il renoue avec l'aventure en s'embarquant pour Panama, afin de participer à la construction du canal entreprise depuis 1881 sous la direction de Ferdinand de Lesseps, dans des conditions particulièrement difficiles (pluies et inondations meurtrières, paludisme) qui transformeront l'entreprise française en déroute. Gauguin, après quelques semaines, rejoint la Martinique où il séjourne de juin à octobre 1887, à l'Anse Turin au Carbet, à deux kilomètres de Saint-Pierre.



Paul Gauguin, Végétation tropicale, Martinique, 1887, Collection particulière.
Atteint par la dysenterie et la malaria, Gauguin est de retour en France en novembre 1887. Proche de Pissarro puis de Cézanne, il devient l' ami de Vincent Van Gogh avec qui il entretient une importante correspondance sur leurs expériences picturales respectives. Gauguin rejoint Van Gogh à Arles mais leur deux mois de vie commune en 1888 s'achève dramatiquement du fait de la fragilité mentale de Vincent. Van Gogh après avoir menacé Gauguin de son rasoir finit par se trancher le lobe de l'oreille (selon la version de Gauguin, aujourd'hui contestée).
Paul Gauguin, Vincent Van Gogh peignant les tournesols, 1888, Amsterdam, musée Van Gogh.Paul Gauguin, Café de Nuit à Arles (Madame Ginoux), 1888, Moscou, Musée Pouchkine.Paul Gauguin, Les Alyscamps, 1888, Paris, Musée d'Orsay.Les deux amis continueront cependant de s'écrire jusqu'au décès de Van Gogh. Gauguin rejoint ensuite Pont-Aven. Là, il peint selon la méthode du "cloisonnisme", une technique picturale cernant chaque plan de couleur d'une fine cloison, un peu à la manière de la technique du vitrail. Gauguin évolue vers le synthétisme dans le sens d'une simplification des formes: il élimine les détails pour ne garder que la forme essentielle, simplification obtenue par l'usage du cerne et de l'aplat de couleur.
Paul Gaughin, Paysage de Bretagne. Le moulin David, 1894, Paris, Musée d'Orsay.




Paul Gauguin, Nature morte avec vue sur Pont-Aven, 1890, Baden (Suisse), Musée Langmatt.
Gauguin se rapproche des Nabis et des Symbolistes convaincu de la nécessité de libérer la peinture de sa sujétion au réel (depuis Courbet) et de laisser davantage de place à l'idée ou à la symbolique. Il renoue avec les sujets religieux et mystiques, ce qui l'éloigne des peintres impressionnistes, notamment dans ses autoportraits.
Paul Gauguin, Autoportrait au Christ jaune, 1889-1890, Paris, Musée d'Orsay.



Paul Gauguin, Le Christ Jaune, 1889, Buffalo(Etat de New York), Albright-Knox Art Gallery.
En 1891, Gauguin s’embarque pour la Polynésie, où il s'installe à Tahiti . Cette île lointaine découverte en 1767 par l'anglais Samuel Wallis puis l'année suivante par le Français Bougainville et l'Anglais James Cook, ne cesse de fasciner les Européens. Décrite par Bougainville comme la "Nouvelle-Cythère", Tahiti devenu protectorat (1842) puis colonie(1880) française, incarne pour des voyageurs comme Pierre Loti, l'archétype de ce que devait être l'Eden primitif (dans "Le Mariage de Loti", roman autobiographique paru en 1882). Or, c'est bien cela que recherche Gauguin : trouver une nature primordiale où cultiver, pour lui-même et pour son art, ce qu'on a appelé son primitivisme, ce "malgré moi de sauvage" comme il l'écrivait à sa femme, ses origines profondes d'Inca du Pérou - comme il se représente désormais dans ses autoportraits. Gauguin y renouvelle son inspiration en adoptant un style en apparence plus primitif, marqué par une prodigieuse invasion des couleurs.
Paul Gauguin, Femmes de Tahiti, 1891, Paris, Musée d'Orsay.


Paul Gauguin, Femme au fruit, 1893, Saint-Pétersbourg, musée de l'Hermitage.A Tahiti, Gauguin trouve aussi l'amour en la personne de Tehura, sa compagne qui n'a que treize ans au début de leur liaison. comme le montre Après un bref retour en France à Pont-Aven (1893-1895), Gauguin retourne définitivement en Polynésie (1895-1903)malgré sa santé défaillante. Séjournant de nouveau à Tahiti, dans des conditions de dénuement qui peuvent expliquer ses fréquentes dépressions, il y réalise cependant une de ses plus grands chefs d'œuvre "D'où venons-nous? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?" qui témoigne de son intérêt pour les sujets mystiques. En 1901, il part résider aux Marquises et se heurte aux autorités françaises quand il prend la défense des Polynésiens en leur conseillant de ne pas payer l'impôt colonial. Il meurt le 8 mai 1903, épuisé par la pauvreté et l'abus de morphine.
Paul Gauguin, "D'où venons-nous? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?", 1897,Boston, Museum of Fine Arts.
La peinture de Gauguin qui fait la part belle, par ses audaces, au couleurs vives, aura une très grande influence sur les jeunes peintres du fauvisme ou de l'expressionnisme.

mardi 27 septembre 2011

Jacques Cartier au Canada

                          Jacques Cartier découvre le Canada


1534 - Premier des trois voyages de Jacques Cartier au Canada.

Portrait de Jacques Cartier par Théophile Hamel, 1844
Jacques Cartier est né vers 1491 à Saint-Malo. On sait peu de choses sur lui avant son premier voyage en 1534. Il a peut être effectué comme navigateur un voyage à Terre-Neuve ou au Brésil (il était du reste interprète en langue portugaise). Selon l'Histoire de la Nouvelle France (1609-1618), le premier ouvrage sur l’histoire du Canada français écrit par l'avocat Marc Lescarbot. c'est Jacques Cartier qui aurait proposé lui-même ses services à l'amiral de France Philippe Chabot en 1533, qui : « les representa à sa Majesté, & fit en sorte que ledit Quartier eut la charge». A la même époque, François Ier s’intéresse particulièrement à l’Amérique. Le roi de France s'attache à desserrer le contrôle du Nouveau Monde mis en place par les royaumes ibériques avec l'appui de la papauté (bulle pontificale de 1493 Inter Coetera modifiée par le traité de Tordesillas de 1494) en limitant la portée de la bulle aux territoires déjà découverts à cette date, limitation qu'il n'obtient que sous la forme d'une déclaration de Clément VII en 1533. François Ier peut donc pousser ses envoyés vers les territoires qui ne sont pas encore sous tutelle ibérique. Les protestations espagnoles nées de cette politique sont à l'origine de la répartie du roi de France: « Je voudrais bien voir la clause du testament d’Adam qui m’exclut du partage du monde » (Marcel Trudel, Histoire de la Nouvelle-France). Après avoir obtenu de l’amiral Chabot la permission de « voyager, découvrir et conquérir à Neuve-France, ainsi que trouver, par le Nord, le passage au Cathay », Cartier reçut de François Ier l’ordre d’aller « de ce royaume ès Terres Neufves pour découvrir certaines ysles et pays où l’on dit qu’il se doibt trouver grant quantité d’or et autres riches choses ».

Les deux premiers voyages de Jacques Cartier.

20 avril : départ de Jacques Cartier de Saint-Malo, avec deux petits bâtiments et un équipage de 61 hommes. Après seulement 20 jours de traversée, Cartier arriva à Terre-Neuve le 10 mai. Il entra dans le golfe par la baie des Châteaux (détroit de Belle-Isle) et suivit d’abord le littoral ouest de Terre-Neuve jusqu’au cap Saint-Georges, puis se dirigea vers les îles de la Madeleine, sans apercevoir le détroit entre Terre-Neuve et le Cap-Breton. Longeant ensuite l’île du Prince-Édouard, il s’engagea dans la baie des Chaleurs, croyant y trouver la fissure continentale qu’il cherchait. Le 6 juillet, Jacques Cartier et son équipage entrent en contact avec les premiers Amérindiens, des Micmac, au large de la Baie des Chaleurs. Les navires français se trouvèrent promptement encerclés d'une multitude de canoés micmacs dont les occupants brandissaient des peaux de castor.Les Français échangent avec les Indiens des colifichets, couteaux, tissus... contre des peaux d'animaux.



La croix de Gaspé planté par les Français.

Le 24 juillet, Jacques Cartier arrive à Gaspé, y plante une croix de 30 pieds et prend possession du territoire au nom du roi de France. Il rencontre des Amérindiens qui sont des Iroquoiens venus pêcher dans la région ((peuple aujourd'hui disparu ou assimilé, que l'on confond souvent à tort avec les Iroquois et les Hurons). Le chef indien du village de Stadaconé (Québec) qui s’appelle Donnacona n’est pas très satisfait de voir débarquer les Français. Cependant Jacques Cartier le convainc d’emmener en France ses deux fils Domagaya et Taignoagny. En effet, pour preuves de la réalité de leurs découvertes, les explorateurs avaient accoutumé de ramener en Europe quelques indigènes dont ils s’étaient emparés dans les terres neuves. Cartier se dirigea ensuite vers l’île d’Anticosti, sans voir, à sa gauche, l’embouchure du Saint-Laurent.. Il examina la côte méridionale d’Anticosti, qu’il prit pour un cap, et décida de prendre le chemin du retour, de crainte d’avoir à hiverner en Amérique. Ayant suivi la côte du Labrador jusqu’à la baie des Châteaux, il rentra à Saint-Malo le 5 septembre après une traversée de 21 jours, avec les deux jeunes fils de chef amérindien qu’il va présenter au roi de France. Les deux Indiens apprirent un peu de français et révélèrent l’existence, vers l’ouest, d’un royaume fabuleusement riche, que Cartier prit pour le Cathay.

1535-1536 : deuxième voyage de Jacques Cartier

7 septembre 1635: Jacques Cartier arrive à Stadaconé (aujourd'hui Québec).

Le deuxième voyage a lieu en 1535–1536. Cette expédition compte trois navires, La Petite Hermine (60 tonneaux), L'Émérillon (40 tonneaux) et la nef qui transporte Cartier, la Grande Hermine (120 tonneaux). Quinze mois de vivres ont été prévus. Jacques Cartier emmènent, avec lui, les deux « fils » (neveux?…) du chef Donnacona, Taignoagny et Domagaya, qui parlent maintenant un peu le français. Les trois navires appareillent le 29 mai 1535 de Saint-Malo. Les trois petits navires traversent l'Atlantique en 40 jours. Guidé par les deux Indiens, Cartier se rend droit à l’embouchure du Saint-Laurent. Il en remonte le cours, s’émerveillant de la beauté du pays en découvrant qu'il navigue sur un fleuve lorsque l'eau devient douce. Les marins français aperçoivent "de drôles de poissons blancs à la tête de lévriers anglais". Ce sont sans doute des belugas, des petits cétacés blancs. À l'île d'Orléans, le 7 septembre, Il s’arrêta à Stadaconé (ancien nom de Québec), où il revoit Donnacona, chef des Iroquoiens du Saint-Laurent.


Belugas du Saint-Laurent
Le chef essaie de dissuader les Français de remonter le fleuve : il veut s'assurer du monopole du commerce. Cartier refuse et donne congé aux deux « fils ». Il ira donc en amont sans interprète. Une partie des hommes restent et construisent un fortin, préparant le premier hivernage connu de Français en Amérique du Nord. Cartier continue à remonter le fleuve sur l’Émérillon, dont bientôt le tirant d'eau interdit de poursuivre au-delà du lac Saint-Pierre : il y ancre l’Émérillon et l'équipage poursuit en barques.



2 octobre 1535: Jacques Cartier à Hochelaga

Le 2 octobre 1535, Jacques Cartier et ses compagnons arrivent dans la région de Hochelaga. La nuit venue, ils se retirent tous à bord des barques. Tôt le lendemain matin, avec ses gentilshommes et vingt mariniers armés, Cartier entreprend à pied le chemin vers ce village, sur une voie bien aménagée. Marchant ainsi deux lieues (environ 8 km), ils peuvent enfin apercevoir cette bourgade palissadée de tronc d'arbres, sur une colline et entourée de terres cultivées, pleines de maïs (dit blé d'Inde), ainsi qu'il décrira le paysage entourant Hochelaga. Il nommera Mont Royal, cette montagne de l'île et de la ville qui est aujourd'hui nommée Montréal.

Le village indien d'Hochelaga
La bourgade n'a dans son rempart circulaire qu'une seule porte d'entrée. On y compte une cinquantaine de « maisons longues », communautaires. Le chef du village affirme que l'on peut continuer à remonter le fleuve vers l'ouest durant trois lunes et, de la rivière des Outaouais, se diriger vers le nord et pénétrer dans un pays où l'on trouve de l'or (qui est l'actuelle grande région de l'Abitibi). Bloqué dans sa marche par les rapides de Lachine, il se renseigna le mieux possible sur la géographie du pays et la situation du Saguenay. Rentré à Stadaconé, il y hiverna, mettant ses navires à l’abri dans la rivière Saint-Charles.

Jacques Cartier sur le Mont Royal

Cartier donne à la région de Stadaconé, le nom de Canada, tiré de de Kanata, dénomination qui sera généralisée par la suite à toute la vallée du Saint-Laurent, puis finalement à l'une des colonies de la Nouvelle-France. Ce nom signifierait « village de cabane » dans le parler iroquoien ou tout simplement village. D'après le site officiel du patrimoine canadien : « En 1535, deux jeunes autochtones indiquèrent à Jacques Cartier le chemin de « kanata ». Ils faisaient allusion au village de Stadacona, « kanata » étant simplement le mot qui désignait un « village » ou une bourgade dans la langue des Hurons ou des Iroquois. Faute d'une autre appellation, Cartier baptisa du nom de « Canada » non seulement Stadacona (emplacement actuel de la ville de Québec) mais également tout le territoire gouverné par son chef, Donnacona.

Cartier et Donnacona

Les rapports avec les Iroquoiens du Saint-Laurent sont bons, malgré quelques disputes sans gravité, qui ne dégénèrent jamais en violence. Cartier découvre cependant les premiers scalps dans la maison de Donnacona. Il y goûte aussi le tabac, qu'il n'apprécie guère. L'hiver de l'Amérique du Nord arrive et surprend les Français, le fleuve gèle et emprisonne les navires. Cartier et ses hommes hivernent près de la rivière Sainte-Croix (maintenant dite rivière Saint-Charles, à Québec). Les hommes souffrent du scorbut, les Iroquoiens en sont aussi frappés, des Français meurent tandis que les Amérindiens s'en tirent beaucoup mieux. Cartier, épargné, découvre que les Indiens Micmacs se soignent avec une infusion d'aiguilles et d'écorce de pin. Il applique le traitement à ses hommes et, bientôt, les guérisons se multiplient. En avril, Cartier « emmène » Donnacona, pour le présenter à François Ier, avec ses deux « fils » et sept autres Iroquoiens (en fait Cartier a profité d’une fête pour les enlever le 3 mai 1536). Profitant du dégel, il met le cap sur la France, abandonnant La Petite Hermine, « faute d’un équipage assez nombreux »29 (25 des 110 équipiers étaient décédés du scorbut30). En juin, Cartier aborde aux îles Saint-Pierre-et-Miquelon. Les deux navires arrivent à Saint-Malo en juillet 1536, Cartier croyant avoir exploré une partie de la côte orientale de l'Asie.
Donnacona est donc présenté au roi de France. Il fut le premier à avoir tissé des relations diplomatiques avec les Français sur fond de rivalités entre chefs indiens. Donnacona, qui a compris ce que cherchent les Français (de l'or, des gemmes, des épices), leur fait la description qu'ils veulent entendre, celle du riche royaume de Saguenay, au moyen de contes fabuleux dans lesquels les Européens se voient déjà, contes venus même aux oreilles des Espagnols qui dépêchèrent des conquistadors vers le nord, à partir de la Floride et du Texas.Donnacona rencontra à plusieurs reprises le roi de France. Il meurt en France en 1539. D’autres Amérindiens s’y sont mariés. Aucun des neuf Indiens ne devait revoir le Canada.


1541-1542 : troisième voyage de Jacques Cartier


Itinéraire du troisième voyage de Jacques Cartier
Pour plusieurs raisons, Cartier ne put se rembarquer pour l’Amérique en 1536 ; les Espagnols, en particulier, lui suscitèrent des difficultés en achetant l’amiral Chabot. Néanmoins, François Ier voulait à tout prix atteindre le Saguenay. Pour faire taire les Espagnols et les Portugais tout en obtenant l’appui du pape, il assigna cette fois des objectifs religieux à l’exploration : désireux, au surplus, d’appuyer ses droits à la possession sur une occupation effective du territoire découvert par Cartier, il allait tenter une entreprise de colonisation. La colonisation et la propagation de la foi chrétienne étaient les deux objectifs à atteindre même si on espérait surtout mettre la main sur l’or du Saguenay.
Le 17 octobre 1540, François Ier avait accordé à Cartier le titre de « cappitaine et pilotte général des navires que le Roy envoie au Saguenay ». À la suite de sa décision de créer un établissement en Amérique, il revenait sur cette nomination le 15 janvier 1541, et nommait Jean François de La Roque de Roberval « lieutenant général, chef, ducteur et capitaine de ladite entreprise ». Cartier ferait le voyage, mais sous les ordres de Roberval. Jean-François de La Rocque de Roberval, était un proche du roi, un homme de cour, ancien soldat des guerres d’Italie, En tant que protestant, il avait été obligé de s’enfuir, , en 1535, après l’affaire des Placards, comme Marot dont il est l’un des protecteurs. La faveur royale lui permit un retour rapide d’exil, puis lui valut, en 1540, la direction de la troisième expédition de Jacques Cartier avec le titre de lieutenant général au Canada.

Cartier prépare l'expédition, arme cinq navires, embarque du bétail. On recruta des colons : gentilshommes, véreux pour la plupart, et criminels, sortis des prisons du royaume. Au printemps, toutefois, Roberval ne pouvait partir, retenu au port par ses créanciers. Cartier reçut ordre de faire voile sans l’attendre. .




23 août 1541: Jacques Cartier arrive à Stadacona

Après une traversée calamiteuse, il arrive enfin sur le site de Stadacona en août 1541, après trois ans d'absence. Les retrouvailles sont chaleureuses malgré l'annonce du décès de Donnacona, puis les rapports se dégradent et Cartier décide de s'installer ailleurs. Il fait édifier le fort de Charlesbourg-Royal au confluent du Saint-Laurent et la rivière du Cap Rouge, pour préparer la colonisation. C'est le premier fort français au Canada et le premier établissement français en Amérique. Bientôt, l'hiver arrive et Roberval est toujours invisible, avec le reste de l'expédition. En attendant, Cartier accumule « l'or et les diamants », qu'il négocie avec les Iroquoiens du Saint-Laurent, qui disent les avoir ramassés près du camp. Il semble qu’il y a des escarmouches avec les Indiens et que plusieurs Français sont tués. Au printemps 1542, Cartier appareilla pour la France, désireux de porter le plus tôt possible, aux pieds du roi, son or et ses richesses.



Jean-François de la Rocque de Roberval par Jean Clouet (vers 1540). Musée Condé, Chantilly.

Roberval de son côté a réussi enfin à quitter La Rochelle le 16 avril 1542 avec trois gros navires et 100 colons. Roberval rencontrent Cartier à Terre Neuve et lui ordonne de faire demi-tour. Profitant de la nuit, Cartier continua néanmoins sa route vers la France. Une déception profonde l’y attendait : l’or et les diamants se révélèrent, à l’analyse, pyrite et mica, sans valeur. Sa mésaventure est à l'origine de l'expression « faux comme des diamants du Canada »… et du toponyme actuel, « Cap Diamant », pour désigner l'extrémité est du promontoire de Québec.
Roberval, laissé seul, choisit de poursuivre sa mission. Il parvient non sans mal au Canada (région de Québec) avec les indications cartographiques de Cartier, fait dresser la première carte de la région du soi-disant « Royaume de Saguenay », espérant y trouver le mythique passage du Nord-Ouest.

A la recherche du passage du Nord-Ouest dans le fjord du Saguenay.

Il remonte ainsi le cours du "fjord du Saguenay, dénommé ainsi en raison des versants escarpés de cette vallée glaciaire, dans laquelle s'écoule la Saguenay.



Le fjord du Saguenay dans sa partie la plus escarpée.
La navigation dans le golfe et le fleuve Saint-Laurent se fait sans autre incident que la romanesque aventure de « la parente » de Roberval, la demoiselle Marguerite de La Rocque, qui fut abandonnée sur une île avec son amant. Roberval établit sa colonie France-Roy, à l'emplacement que Cartier avait nommé « Charlesbourg-Royal » et laissé vacant à l'embouchure de la petite rivière aujourd'hui dite du Cap-Rouge.
Cette petite colonie passe l’automne et l’hiver 1542-1543 dans des conditions difficiles du fait du froid, de la famine, du scorbut et des heurts à l’intérieur de la communauté française, où voisinent nobles de cour, grandes dames et condamnés de droit commun.

Carte du bassin de l'Outaouais (Ottawa River)

Au printemps, Roberval veut encore chercher le passage du Nord-Ouest. Il part explorer la rivière des Outaouais (en anglais, l'Ottawa river) , jamais atteinte auparavant par des gens du « vieux continent ».

La rivière Outaouais
Son pilote Jean Fontenaud (dit Joan Alfonso ou Jean Alphonse de Saintonge) démontrant l’existence d’un passage entre les côte du Labrador et celle du Groenland remonte vers le nord, jusqu’au détroit de Davis, véritable porte d’entrée du passage du Nord-Ouest. Mais les glaces lui font rebrousser chemin.


Baleine à bosse dans les eaux froides du détroit de Davies
Cette colonie, décimée et épuisée doit être évacuée en septembre 1543 et La Rocque rentre en France. Les minerais « précieux » se révèlent au retour sans intérêt et valent au Canada un durable discrédit Ruiné, Roberval passe une vieillesse obscure, marquée par une série de procès. Le récit de l’expédition a laissé une durable impression sur ses contemporains. Rabelais, la reine de Navarre, Marot, André Thevet et d’autres ont maintes fois utilisé ce témoignage parfois haut en couleur.


Un totem indien sur les berges du fleuve Saint-Laurent.
La colonisation le long du « grand fleuve » (Saint-Laurent) est ensuite abandonnée jusqu’au début du XVIIe siècle. La France rentre dans la période sombre des guerres de religion (Roberval est assassiné en 1560 par des catholiques). De ces premiers contacts entre Français et Amérindiens, il ne reste guère qu’un trafic : le troc de la bimbeloterie contre des fourrures que pratique les pêcheurs français de Terre-Neuve et qui enrichit les ports de Normandie et de Bretagne.


Le manoir de Limoëlou, propriété de Jacques Cartier depuis 1541.
Déçu, Cartier se retire dans son manoir de Limoëlou, près de Saint-Malo. Considéré comme un sage, on le consulte parfois et on met à profit ses connaissances du portugais. Il succombe le 1er septembre 1557, probablement de la peste qui frappe la ville cette année là, à l’âge de soixante-six ans, jouissant d’une grande réputation parmi les navigateurs et les cartographes.

dimanche 25 septembre 2011

Vincent Van Gogh

Nuit étoilée sur le Rhône (vue depuis Arles), septembre 1888, Paris, Musée d'Orsay.
Vincent Van Gogh
Pour les hommes du début du XXIe siècle, la peinture à la fin du XIXe siècle est dominée par trois artistes isolés, tous à un moment influencés par l’impressionnisme, mais qui adoptent chacun une démarche originale et qui ne rencontrèrent pas le succès de leur vivant: Gaughin, Cézanne et Van Gogh.
Autoportrait au chapeau de feutre, 1887, Amsterdam, Musée Van Gogh.

Vincent Van Gogh (1853-1890), venu de Hollande débarque à Paris en 1886 pour y retrouver son frère Théo, marchand d’art. Il y découvre l’impressionnisme et les estampes japonaises. Mais il gagne ensuite la Provence en février 1888. Il séjourne à Arles de février 1888 à mai 1889 puis, pour y être hospitalisé dans un asile d'aliénés, à Saint-Rémi-de-Provence de mai 1889 à mai 1890. Durant toute cette période, et malgré sa santé mentale souvent défaillante, Vincent Van Gogh se montre très productif.
Oliviers avec les Alpilles à l'arrière-plan, 1889, New York, Museum of Modern Art.
Au contact d'une nature méditerranéenne à la lumière aveuglante et resplendissante de mille couleurs, Vincent peint des toiles qui annoncent le fauvisme et l’expressionnisme: autoportraits, sa propre chambre à coucher à Arles, reproductions d’œuvres célèbres ou des sujets similaires concernant la nature : les fleurs, les champs de blé, les vergers fleurissant etc.
La Chambre à coucher, 1888, Amsterdam, Musée Van Gogh.
Il fait également des séries de portraits, surtout en peignant chaque membre de la famille Roulin ou des séries de semeurs, des scènes nocturnes. A Saint-Rémi-de-Provence, durant sa convalescence, les peintures de cette période sont souvent caractérisées par des remous et des spirales.
La Nuit étoilée, 1889, New York, Museum of Modern Art.

Comme les impressionnistes, Van Gogh s’intéressent aux jeux de la lumière et de la couleur à travers les motifs de la nature.
Route avec un cyprès et une étoile, 1890, Otterlo, Musée Kröller-Müller, Pays-Bas.
La méridienne ou La sieste (d'après Millet) décembre 1889-janvier 1890, Paris, Musée d'Orsay.Par la dramatisation et la simplification des scènes et par la nervosité de la touche, l'exagération des lignes et des couleurs, Van Gogh est aussi considéré comme un précurseur de l’expressionnisme.
Autoportrait à l'oreille bandée, 1889, Londres, The Courtauld Gallery.
Par sa remarquable palette de couleurs vives et flamboyantes, notamment dans sa période arlésienne, Van Gogh est une source d’inspiration pour les peintres fauves tels Derain ou De Vlaminck.
Le Café de nuit, 1888, New Haven, Yale University Art Gallery.
Après avoir rendu visite à Theo à Paris, Van Gogh s'installe à Auvers-sur-Oise, situé à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de PariS. Cette commune rurale du Vexin français était déjà connue dans le milieu des peintres, initialement par les paysagistes de l'école de Barbizon puis par les impressionnistes. Van Gogh y passe les deux derniers mois de sa vie de mai à juillet 1890. Il bénéficie des soins du docteur Gachet, ami de Paul Cézanne et des impressionnistes, lui-même peintre amateur.
Le Docteur Gachet, 1890, collection privée.

Lorsque Van Gogh, épuisé par des crises de démence, se suicide le 27 juillet 1890, à Auvers-sur-Oise, il commence seulement à être reconnu par les critiques artistiques mais il reste ignoré du grand public. Vincent Van Gogh meurt deux jours après sa tentative de suicide, le 29 juillet 1890.
Champ de blé aux corbeaux, 1890, Musée van Gogh, Amsterdam, Pays-Bas.

lundi 13 juin 2011

Le citoyen, la République, la Démocratie - Fiche-révision

Le Citoyen, la République, la Démocratie - Réviser le brevet d'éducation civique.

Albert Marquet, Le 14 juillet au Havre, 1906

I – Le citoyen
1 – Origine et définition de la citoyenneté

Athènes : le citoyen est l’habitant de la cité qui en possède les droits politiques mais aussi les devoirs (mais exclusion des femmes, des esclaves et des métèques - "étrangers" du droit de cité. Aujourd’hui, la citoyenneté s’est élargie à l’ensemble de la population avec les droits et les devoirs qui l’accompagnent.


Etre citoyen, c'est donc à la fois être membre d'un Etat et jouir pleinement des droits politiques et civils attachés à la citoyenneté.

2 - Etre ou devenir citoyen français

Naître français par filiation ou droit du sol.
- Filiation ou « droit du sang » : on naît français lorsque l’on a un parent français.
- Droit du sol : On naît français par droit du sol lorsque l’on naît en France d’un parent étranger lui-même né en France.

Devenir citoyen français au cours de son existence :
- Par droit du sol : tout enfant né en France de parents étrangers et ayant résidé 5 ans en France, acquiert automatiquement la nationalité française à sa majorité (il peut l’obtenir dès l’âge de 13 ans sur demande des parents, et à 16 ans à sa propre demande = acte de volonté individuelle.).

- par naturalisation : démarche longue (+ d’un an), nécessitant aujourd’hui une relative maîtrise de la langue française mais chaque année = plus de 100 000 personnes acquiert la nationalité française. Une cérémonie accueille les nouveaux citoyens français.

- par mariage avec un conjoint français : il faut 1 an de vie commune à un (e) étranger(e) pour obtenir la nationalité française.

Exemple de paragraphe argumenté: accéder à la citoyenneté française et européenne.

3 – Les droits et les devoirs du citoyen.
- les droits : droits politiques (droit de vote), droits sociaux (droit d’accès à la santé par exemple avec la Sécurité Sociale), culturels (obligation scolaire et gratuité de l’enseignement).
- les devoirs (devoirs civiques comme payer ses impôts, aller voter = c’est un droit mais aussi un devoir civique, d’obéir à la loi).

Exemple de paragraphe argumenté: Les droits et devoirs du citoyen.

4 – L’ensemble des citoyens constitue la nation

Qu'est-ce que la nation?

Définition restreinte : La nation : pays ou Etat.
Définition plus large : communauté d’hommes et de femmes, ayant la volonté de vivre un avenir commun, sur un territoire organisé par des institutions et des lois.
La nation : repose sur une langue commune, l’histoire (qui intègre l’histoire des nouveaux venus), des valeurs communes (républicaines et démocratiques).

Les symboles de la nation
- Le drapeau tricolore (depuis 1830).
- La fête nationale : le 14 Juillet (depuis 1880).
- L'hymne national : la Marseillaise (née sous la R&volution avec Rouget de Lisle, le "Chant de guerre de l'Armée du Rhin est devenu hymne national depuis 1879).

Exemple de paragraphe argumenté: grands principes et symboles de la République française.

II – La France est une République démocratique.

1 - La République

La République : du latin respublica (qui signifie « chose publique ») = régime politique dans lequel le pouvoir est entre les mains des citoyens ou de leur représentant.
Le chef de l’Etat est, en général, un président, élu directement ou indirectement par le peuple.
La République s’oppose à la monarchie où le pouvoir est héréditaire.

Les valeurs de la République : figure dans la « devise républicaine » : liberté, égalité, fraternité (fronton des mairies, documents officiels).
Autre symbole de la République : Marianne. Elle porte le bonnet phrygien.
Les valeurs de la République figurent aussi dans deux textes : la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen (1789), la Constitution de 1958 (qui affirme que la République est « démocratique, laïque et sociale »). Les valeurs républicaines tendent à se confondre avec les valeurs démocratiques.


Exemple de paragraphes argumentés:
- Les valeurs républicaines
- L'égalité une valeur républicaine

2 - La France est une démocratie
Démocratie :
régime politique dans lequel le peuple exerce le pouvoir.
Quatre conditions pour qu’un régime politique soit démocratique :
- suffrage universel
- séparation des pouvoirs.
- principales libertés (d’opinion = pluralisme, de la presse, religieuse, de réunion, etc.)
- Constitution.

Un Etat démocratique est aussi un Etat de droit (Etat qui respecte ses propres lois démocratiques).

III - Les élections, temps fort de la démocratie

1 - Le droit de vote en France

Le droit de vote apparaît en 1791 = suffrage censitaire (réservé aux plus riches).
Suffrage « universel » en 1848 (seulement les hommes) et réellement universel en 1944 (droit de vote des femmes).
1974 : le droit de vote avec l’abaissement de l’âge de la majorité passe de 21 à 18 ans.
1992 = traité de Maastricht étend le droit de vote aux résidents de l’Union Européenne aux élections municipales et européennes.

2 - Les conditions d’un vote démocratique
« Sont électeurs […] tous les nationaux français, majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques. » (Constitution de 1958, art.3)
Pour voter, il faut :
- être citoyen français (mais pour les élections européennes et municipales, les citoyens de l’Union Européenne peuvent voter)
- être majeur (18 ans) ;
- être inscrit sur les listes électorales (après s’être fait recenser à la mairie ou s’être inscrit soi-même sur les listes électorales).
- jouir de ses droits civils ou politiques (pas de peine de prison trop grave ou trop récente, ou de privation des droits civiques)

3 - Déroulement de l'élection
La campagne électorale :
- date annoncée au Journal Officiel de la campagne officielle.
- La campagne officielle : le temps de l’affichage officiel sur les panneaux électoraux, des spots électoraux dans les médias publics, du décomptage du temps de parole entre les candidats dans les médias et de l’envoi de la « propagande » électorale par la poste.

Le vote est toujours « universel, égal et secret » (Constitution de 1958, art.3)
- le vote est secret : isoloir obligatoire (depuis 1913), bulletin de vote dans l’enveloppe (il faut éviter les pressions).
- pour éviter la fraude (rappel = 1 citoyen(ne)= 1 voix) : une table doit proposer tous les bulletins de vote des candidats en présence, rédigés de la même façon ; registre électoral régulièrement remis à jour ; l’électeur doit avoir une pièce d’identité (et pas seulement la carte électorale) ; il met son bulletin dans l’urne transparente (depuis 1988). Il signe le registre électoral.
Le dépouillement : il s’effectue à la main par les membres du bureau électoral et des citoyens volontaires, en présence de scrutateurs qui vérifient l’honnêteté des comptages.

Il existe d'autres moyens de voter
- l’électeur peut voter par procuration : il permet de se faire représenter par un électeur de son choix, le jour de l’élection si l’on ne peut être présent.
- le vote électronique est utilisé (depuis l’élection présidentielle de 2007) mais entraîne des polémiques.
- La France n’a pas (contrairement aux Etats-Unis) validé le vote par internet (depuis son ordinateur de bureau ou de son domicile par exemple). Ce type de vote ne permet pas de vérifier si l’électeur subit des pressions.

4 - Les différentes élections (cliquez sur le tableau)

Le référendum : vote portant sur une question posé par le gouvernement au peuple. Forme de scrutin portant, en France pour l’essentiel, sur les institutions et les traités internationaux.

Exemple de paragraphe argumenté: Le vote, droit ou devoir civique.
Un paragraphe argumenté sur le référendum.


L'organisation des pouvoirs de la Ve République - Fiche-révision

L'Organisation des pouvoirs dans la Ve République.

Les 6 Présidents de la Ve République.

I - La Constitution de la Ve République

Constitution de la Ve République : réalisée d’après les conceptions du général de Gaulle. Approuvée par référendum par le peuple français (28 septembre 1958).
Le régime de la Ve République est fondé sur la souveraineté nationale (le peuple l’exerce par le vote en désignant ses représentants), le pluralisme, la liberté d’expression et la séparation des pouvoirs.

- Le Conseil Constitutionnel : créé en 1958, gardien de la Constitution.

Le Palais Royal où siège le Conseil Constitutionnel.

Exemple de paragraphe argumenté :
La Ve République, un régime démocratique

II – Le pouvoir exécutif

Le pouvoir exécutif est exercé par le Président de la République et son gouvernement.

1) Le Président de la République.

Le Palais de l'Elysée où siège la présidence de la République.

Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour 5 ans (élection présidentielle), à la suite de la réforme de 1962 (première élection au SUD = 1965). Depuis 2007, il ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs.
Chef de l'État et du pouvoir exécutif, il représente la nation.
- Il dirige la politique étrangère (la diplomatie).
- Chef des armées.
- Il possède le droit de grâce.
- Il nomme le Premier Ministre et les autres membres du gouvernement dont il dirige l’activité (il préside le Conseil des Ministres).
- Il peut dissoudre l'Assemblée nationale.
- Il peut consulter le peuple par référendum.

Un exemple de paragraphe argumenté:
le Président de la République dans la Ve République.

2) Le gouvernement

L'Hôtel Matignon où siègent les services du Premier Ministre.

Premier Ministre et ministres constituent le gouvernement. Le gouvernement a un double rôle :
- un rôle politique : "le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation" (art. 4). Il élabore les projets de loi à soumettre au Parlement.
Le gouvernement : responsable devant l'Assemblée nationale. Il doit démissionner en cas de vote d'une motion de censure.
- un rôle administratif. Chaque ministre est à la tête d'un ministère (ministère des finances, le ministère de l' intérieur, de l'éducation nationale, de la justice, etc.). Le ministre en nomme et dirige les fonctionnaires.

Un cas à part : la cohabitation (paragraphe argumenté).

III. Le pouvoir législatif.

Le Parlement détient le pouvoir législatif. Il examine et vote les lois et le budget. Il est composé de deux assemblées: l'Assemblée Nationale et le Sénat.

Le Palais-Bourbon, siège de l'Assemblée Nationale.

1° L' Assemblée nationale composée de 577 députés élus au suffrage universel direct pour une durée de 5 ans lors des élections législatives .

Le Palais du Luxembourg, siège du Sénat.

2° Le Sénat , composé de 321 sénateurs élus pour 6 ans au suffrage universel indirect, dans chaque département par un collège électoral composé d’élus (députés, conseillers généraux et régionaux, délégués des conseils municipaux).

L'Assemblée nationale, élue au suffrage universel direct, possède plus de pouvoirs que le Sénat.
- L'Assemblée Nationale peut renverser le gouvernement par le vote d'une motion de censure.
- En cas de désaccord sur le vote d'une loi entre les deux assemblées, le "dernier mot" revient à l'Assemblée nationale (voir "navette de la loi").
- Mais le Sénat ne peut être dissous. Alors que le Président de la République peut dissoudre l'Assemblée Nationale (exemple: 1962 et 1997)

Paragraphe argumenté :
Le rôle de l'Assemblée Nationale dans la Ve République.

IV. La loi

"la loi doit être la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse" (article VI de la déclaration de 1789).
- La loi est un texte adopté par le Parlement fixant une règle qui s'impose à tous.
- L'initiative des lois appartient au gouvernement (projet de loi) et au Parlement (proposition de loi).
- La loi est discutée et votée par l’Assemblée Nationale et par le Sénat. Elle doit être votée dans les mêmes termes.
En cas de désaccord entre les deux Chambres du Parlement, la Loi revient à l’Assemblée Nationale en deuxième lecture et elle est votée définitivement.
- Elle est ensuite promulguée par le Président de la République.
- La nouvelle loi est enfin publiée au Journal Officiel (car nul n’est censé ignorer la loi).
- Enfin elle est appliquée par le gouvernement.
- La loi doit être conforme à la constitution (rôle de contrôle du Conseil constitutionnel qui peut être saisi par l'opposition pour vérifier sa conformité à la Constitution).

Paragraphe argumenté :
L'élaboration de la loi dans la Ve République.

V - L’Etat et les collectivités territoriales

1) L’administration territoriale
L’Etat est présent sur tout le territoire. L’administration départementale et régionale est sous les ordres du représentant de l’Etat, le préfet. Nommé par le gouvernement, le préfet est notamment responsable de l’ordre public et de la sécurité dans le département où il exerce ses fonctions.

Le Préfet du département du Jura dans l'exercice de ses fonctions.

2) Les différents niveaux de collectivités territoriales
Définition : les collectivités territoriales sont des structures administratives, distinctes de l'administration de l'Etat, qui exercent certaines fonctions ou compétences sur un territoire précis.

Il existe en France trois niveaux de collectivités territoriales, les régions, les départements, les communes. Les élus de ces collectivités sont élus au suffrage universel (élections régionales, cantonales pour les départements, et municipales)
En France, on compte:
- 36 000 communes : administrés par le conseil municipal dirigé par le maire.
- 101 départements *(96 métropolitains et 5 d'outre-mer*) administré par un conseil général.
- 27 régions (22 régions métropolitaines et 5 ROM*) administré par un conseil régional.
* Mayotte, nouvelle région et département d'outre-mer.

3) Les lois de décentralisation et le rôle des collectivités territoriales.
Décentralisation : L'Etat accorde plus de pouvoirs aux collectivités territoriales
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Depuis les lois de décentralisation (1982), l'Etat a transféré aux collectivités territoriales de nombreuses compétences : formation professionnelle et l'éducation, dans l'aménagement du territoire, et les transports publics (les TER), dans la culture ... Par exemple, les communes ont en charge les écoles primaires, les conseils généraux les collèges et les conseils régionaux les lycées. Mais le rôle des collectivités locales françaises reste modeste par rapport aux régions européennes.

Paragraphe argumenté :
les collectivités territoriales.